L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


HAYOT Maurice, Léon

Maurice Hayot à Auschwitz
Matricule "45655" à Auschwitz

Maurice Hayot est né le 14 juillet 1901 à Dissey-sous-Courcillon (Sarthe). Sa mère, Marie, Charlotte Cuirer est couturière et son père, Louis, François Hayot forgeron. Il habite à Chambray-les-Tours (Indre-et-Loire) au moment de son arrestation.
Son registre matricule militaire indique qu’il habite l’Ile-Bouchard (Indre-et-Loire) et qu’il est forgeron au moment du conseil de révision. Ses parents habitent alors au 6 rue des Casernes à Tours. Il mesure 1m 70, et il a un niveau d’instruction « n°3 » pour l’armée (sait lire, écrire et compter, instruction primaire développée).
Conscrit de la classe 1921, il est incorporé le 5 avril de cette année au 2ème dépôt des équipages de la flotte à Brest. Il est « en mer » pendant 13 mois et 12 jours et « à terre » 10 mois et 1 jour. Il est libéré le 27 avril 1923 au 3ème dépôt des équipages de la flotte à Lorient, « certificat de bonne conduite accordé » et placé dans la réserve de l’armée de mer.
Le 11 janvier 1924, il habite au 11 rue Lavoisier à Tours.
Il s’est marié avec Yvonne Cotinat, employée municipale. Le couple a trois enfants (Claude né le 23 décembre 1932, Guy né le 6 avril 1937 et Jacqueline, née le 14 juin 1940).
Le 25 juillet 1936, la famille habite « à la Madelaine » à Chambray-les-Tours.
Chaudronnier, Maurice Hayot est chef forgeron aux établissements Biemont à La Riche dans les faubourgs de Tours (spécialisés en chaudronnerie lourde). 
La poudrerie nationale à Monts
En février 1938, ils ont déménagé à Monts : Maurice Hayot travaille à la poudrerie nationale du Ripault, sise à Monts près de Tours.
En mars 1939, il est classé « affecté spécial » par l’armée en tant qu’employé à la poudrerie comme employé. Il est mobilisé sur son poste de travail pendant la durée de la guerre. Il y travaille jusqu'en 1941. A cette date sa femme témoigne «mon mari a demandé un congé illimité, car il refusait de travailler pour les Allemands». 
Militant communiste, il agit au sein du Parti clandestin : tracts, inscriptions, sabotage de voies ferrées.Militant communiste, il agit dans le parti clandestin : tracts, inscriptions, sabotage de voies ferrées.
Maurice Hayot est arrêté dans la nuit du 9 au 10 février à son domicile par la police allemande, à la suite de la mort d’une sentinelle allemande, rue du Hallebardier à Tours (en cliquant sur ce lien, lire l’article du blog). 50 otages sont désignés (40 Juifs et 10 communistes). A Fontevraud, 6 communistes sont exécutés le 22 février en représailles. A Tours, les otages communistes sont enfermés à la caserne du 501ème RCC au champ de Mars. Ils sont dirigés le 17 ou le 18 avril 1942 vers le camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) en vue de leur déportation comme otages. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Maurice Hayot est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Il est immatriculé le 8 juillet 1942
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro « 45655 ».
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz (1) a été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet, il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks. On ignore dans quel camp il est affecté à cette date.
Maurice Hayot meurt à Auschwitz le 20 mai 1943 selon la liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau indiquant la date de décès au camp.
Son état civil que n'a pas corrigé l’arrêté du 6 mai 1994 publié au J.O. du 21 juin 1994 portant apposition de la mention "mort en déportation" porte toujours une date erronée « décédé le 26 avril 1943 à Auschwitz (Pologne) ».
Il a été déclaré « Mort pour la France ». Il est homologué au titre de la résistance intérieure française.
  • Note 1 : 522 photos d’immatriculation des « 45000 » à Auschwitz ont été retrouvées parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation du camp d’Auschwitz. A la Libération elles ont été conservées dans les archives du musée d’Auschwitz. Des tirages de ces photos ont été remis à André Montagne, vice-président de l'Amicale d'Auschwitz, qui me les a confiés. 
Sources
  • Journaux locaux 1942 et 1945 (sources Robert Guérineau).
  • Enquêtes de Robert Guerineau (1980) et Jean-Claude Guillon, (bibliothécaire retraité, membre de l’Institut CGT d’histoire sociale en région centre, collaborateur du Maîtron), fils de Jean Guillon, membre du "triangle" de direction du PC pour l'Indre-et-Loire, condamné à mort par contumace, arrêté sous un faux nom et déporté à Mauthausen. Il fut député en 1945. 
  • « L’Indre et Loire sous l’occupation allemande » de Robert Vivier (Inspecteur d’Académie en 1942, Préfet à la Libération, correspondant du comité d'Histoire de la IIème guerre mondiale), liste des otages juifs.
  • Courriers de Roger Prévost, (déporté résistant, ancien de Sachsenhausen, de l’ADIRP d'Indre-et-Loire (1981 et 1991, 1993) - Journaux locaux 1942 et 1945 (sources Robert Guérineau).
  • Acte de naissance portant mention « Mort pour la France ».
  • Lettre de sa veuve Madame Yvonne Hayot (1981).
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Fichier national de la Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains (DAVCC), Ministère de la Défense, Caen (dossier individuel consulté en juillet 1992).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • Registres matricules militaires.
Biographie rédigée en octobre 2010, complétée en 2016 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé).  Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com   Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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