L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BIFFE Joseph

Joseph Biffe en 1937 (archives RATP)
Matricule « 45246 » à Auschwitz

RATP St Ouen
Joseph Biffe est né le 15 janvier 1898 à Maisons-Alfort (Seine / Val-de-Marne).
Il est le fils de Marie Biffe, journalière, âgée de 20 ans qui habite au 19 rue Marceau dans cette ville.

Le 62 rue Anselme à St Ouen
Joseph Biffe est domicilié 62 rue Anselme à Saint-Ouen (Seine / Seine-St-Denis) au moment de son arrestation.
Le 15 janvier 1915, il se fait embaucher comme camionneur chez Debbier, à Montereau-sur-le-Jard (Seine-et-Marne), à quelques kilomètres du front (in archives de la RATP : « emploi du temps depuis l’âge de 16 ans »).
Le 11 septembre 1915, Joseph Biffe devance l’appel (il est de la classe 1918). Il est affecté au 95ème Régiment d’infanterie. Promu caporal, il est affecté au 3ème régiment de chasseurs d’Afrique lorsqu’il est fait prisonnier le 28 mai 1918. 
Le camp de Giessen (Hesse)
Il est en captivité au camp de Giessen jusqu’au 8 janvier 1919 (Durchganglager situé dans la Hesse, au nord de Francfort-sur-le-Main, sur la Lahn. Un autre futur « 45000 », Raymond Baudry, y est également prisonnier à la même époque).
Joseph Biffe a été gazé pendant le conflit selon le témoignage de sa fille, Mme Cécile Jouvin.
Il est cité trois fois à l’ordre du régiment, est titulaire de la Croix de guerre et décoré de la Médaille Militaire. Il est démobilisé le 1er octobre 1919.
Le 11 mars 1919, Joseph Biffe épouse Marie-Thérèse Haccard  à Lagny. Le couple a trois enfants (Cécile, en 1920, Georges en 1926 et Roger en 1928). Ils habitent au 36 rue du Poteau, à Paris 18ème.
Son épouse Marie-Thérèse décède le 23 mars 1932.
Joseph Biffe est embauché comme stagiaire « machiniste autobus » à la Société des transports en commun de la région parisienne (STCRP, la « TCRP »). Il obtient le titre de « receveur d’autobus » le 30 avril 1934.
Membre du Parti communiste et cégétiste, il est aussi adhérent du Secours Rouge.
Il est affecté au dépôt des Poissonniers, à Paris 18ème. En décembre 1935, il est muté au dépôt Michelet, à Saint-Ouen où il va côtoyer Gaston Gaudy, un militant communiste qui habite Saint-Ouen où il s’est remarié en 1932 après son veuvage.
Joseph Biffe se remarie le 18 juillet 1936 à Saint-Ouen avec Anna Coat.
Devenu permanent du Syndicat général du personnel de la STCRP, Joseph Biffe obtient sa mise en disponibilité par la STCRP, en vertu des dispositions du décret-loi du 29 octobre 1936 qui assure sa réintégration dans l’entreprise en fin de « dispo ». Il est ainsi en disponibilité du 17 août au 4 octobre 1936, puis du 1er juillet au 19 septembre 1937.
Il participe à la grève nationale du 30 novembre 1938 lancée par la CGT contre les Décrets lois de Paul Reynaud (1).
La répression est brutale au plan national : 500 condamnations à des peines de prisons (jusqu'à 18 ans), sanction de fonctionnaires et d'agents de services publics, fermetures d'entreprises par le patronat, avec le « lock-out » pour près de 400.000 salariés. C’est au plan politique l’éclatement définitif du Front Populaire.
Rapport des responsables du dépôt Michelet
A la STCRP, la direction applique - après enquête - les consignes gouvernementales : dans leur « rapport spécial » D. inspecteur et C. chef du dépôt Michelet rapportent que Joseph Biffe « s’est présenté sur son lieu de travail à l’heure de sa prise de service, à 6 h 43, mais n’a pas voulu sortir la voiture qui lui était indiquée ». Ils soulignent en la déplorant l’« attitude de cet agent au cours de la journée du 30 novembre », et ajoutent : « Meneur très actif ».
Le 3 décembre, Joseph Biffe est interrogé par l’ingénieur en chef, chef du groupe Nord, qui note dans son rapport : « cet agent a invoqué le motif suivant pour son absence au service pour lequel il était commandé le 30 novembre 1938 : a obéi aux ordres de la CGT. ». « Attitude au moment de l’interrogatoire : attitude décidée de quelqu’un qui est sûr de son bon droit. »
Le directeur du personnel de la STCRP informe alors Joseph Biffe dans un courrier en date du 6 décembre, que, n’ayant pas assuré son service le mercredi 30 novembre, « le contrat qui vous liait à notre société étant ainsi rompu de votre fait, vous ne faites plus partie de notre personnel ».
Après sa révocation, Joseph Biffe devient livreur à la Porte de Charenton à Paris.
En juillet 1939 sa réintégration semble envisagée avec la direction de la STCRP. Mais il est considéré par les Renseignements généraux comme un « communiste notoire - Agent actif de la propagande clandestine. Distributeur de tracts ».
Après l’entrée des allemands à Paris, Joseph Biffe écrit le 2 septembre 1940 à l’administrateur délégué de la STCRP, pour lui demander où en est sa possible réintégration ou bien son éventuelle mise à la retraite.
Lore Wolf
Joseph Biffe et son épouse hébergent, par la filière du Secours Rouge, une antifasciste allemande : Lore Wolf (2), qui sera arrêtée en septembre 1940 (sa fille ne précise pas sur quelle période a lieu cet hébergement clandestion).
Militant communiste et syndicaliste connu de la direction de la STCRP et des Renseignements généraux, Joseph Biffe est surveillé par la police de Vichy, comme ses anciens camarades de l’entreprise (deux autres militants communistes du dépôt de la STCRP des Poisonniers seront arrêtés respectivement le 27 juin 1941 (Gaston Gaudy) et le 18 novembre 1941 (Joseph Kermen) et seront déportés en même temps que lui à Auschwitz).
Joseph Biffe est arrêté à son domicile le 5 octobre 1940 à 5 h du matin, par la police française et « interné administrativement » (3) au camp d’Aincourt. Lire dans le blog : Le camp d’Aincourt
Cette arrestation a lieu dans le cadre de la grande rafle organisée, avec l’accord de l’occupant, par le gouvernement de Pétain à l’encontre des principaux responsables communistes d’avant-guerre de la région parisienne : les militants parisiens sont regroupé au Stade Jean Bouin et sont emmenés par cars à Aincourt. Le préfet de Seine-et-Oise, Marc Chevallier, exécute une rafle identique à celle de Paris dans son département. Au total, plus de 300 militants communistes, syndicalistes ou d’organisations dites «d’avant-garde», sont envoyés à Aincourt à partir du 5 octobre 1940.
Note des RG pour le directeur du camp d'Aincourt
Sur la liste « des militants communistes « concentrés » le 5 octobre 1940» reçue par le commissaire spécial Andrey, directeur du camp, figurent des mentions caractérisant les motifs de leur internement (C 331/7). Pour Joseph Biffe on lit : « Agent actif de la propagande clandestine, distributeur de tracts ».
Le 4 décembre 1940 Joseph Biffe est transféré avec un groupe de quelque quatre-vingt-dix internés d’Aincourt, considérés comme dangereux, à la Maison centrale de Fontevraud (Maine-et-Loire), réputée pour être la centrale pénitentiaire la plus dure de France, avec celle de Clairvaux.
Transfert à Clairvaux
Le 20 janvier, les anciens internés «dangereux» d’Aincourt et Fontevraud sont transférés à la Maison d’arrêt de Clairvaux. 
Ils transitent par les gares de Saumur et d’Austerlitz. Ils sont rejoints à la gare de l’Est par un groupe de 68 militants arrêtés à Paris les 18 et 20 janvier. A leur arrivée à « l’arrêt Clairvaux » de la gare de Ville-sous-la-Ferté, ils sont transférés à Clairvaux (4) par rotations d’un unique wagon cellulaire, escortés par des gardes mobiles (souvenirs de Pierre Kaldor et d’Henri Hannart). Lire dans le blog : La Maison centrale de Clairvaux.
Transfert à Châteaubriant
Le 14 mai 1941, Joseph Biffe fait partie d’un convoi d’une centaine de communistes (selon Fernand Grenier, qui en fait partie) internés à la Maison centrale de Clairvaux par la Préfecture de police - dirigé sur le Centre de séjour surveillé de Choisel à Châteaubriant (Loire Atlantique). La liste de transfert stipule : convoi composé uniquement des principaux meneurs considérés comme dangereux à la Maison centrale. Plusieurs d’entre eux y seront fusillés.
Au camp de Choisel (DR)
Au camp de Choisel, Joseph Biffe est affecté à la baraque 8-2 selon sa fille.
Il est hospitalisé : « Très malade des suites d'un abcès, il était à l'infirmerie, dans l'incapacité de marcher quand on l'a transféré à Compiègne". Ils étaient 9 emmenés par les Allemands : le frère de Maurice Thorez et deux "45.000" : Guy et Goudailler. C'était le 7 février 1942 » (ouvrage cité).
Il est transfèré à Compiègne avec huit autres internés. François Borland, Joseph Biffe, Jules Crapier, Louis Goudailler, Maurice Guy, Maurice Léonard, Corentin Cariou, Pierre Rigaud, Louis Thorez (5).
Joseph Biffe est remis aux autorités allemandes à leur demande et transféré à au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) le 7 février 1942, avec Maurice Guy et Louis Goudailler qui seront déportés à Auschwitz avec lui.
Depuis ce camp, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Joseph Biffe est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les Judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Joseph Biffe le 8 juillet 1942
Joseph Biffe est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro «45246». Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, "visite médicale". En l’absence de références aux registres du camp, j’avais reconstitué comme probable ce numéro, compte tenu de l’ordre des listes alphabétiques. Il me semble pouvoir être validé après avoir comparé la photo d’immatriculation du déporté correspondant à ce numéro matricule avec la photo d’identité figurant dans les archives de la RATP.
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz (6) a été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks. Aucun des documents sauvés de la destruction ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz, ne nous permet actuellement de savoir dans quel camp il est affecté à cette date.
Dessin de Franz Reisz, 1946
Joseph Biffe meurt à Auschwitz le 4 novembre 1942 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 90 et le site internet © Mémorial et Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau) où il est mentionné avec ses dates et lieux de naissance et de décès, et avec l’indication « glaubenslos » (athée).
Un arrêté ministériel du 21 juillet 1987, paru au Journal Officiel du 9 septembre 1987, porte apposition de la mention «Mort en déportation» sur ses actes et jugements déclaratifs de décès. Mais cet acte porte la mention fictive « décédé le 30 juin 1942 à Auschwitz (Pologne) ». Dans les années d'après-guerre, l’état civil français a fixé des dates de décès fictives (le 1er, 15 ou 30, 31 d'un mois estimé) à partir des témoignages de rescapés, afin de donner accès aux titres et pensions aux familles des déportés. Il serait souhaitable que le ministère prenne désormais en compte, par un nouvel arrêté, les archives du camp d’Auschwitz emportées par les Soviétiques en 1945, et qui sont accessibles depuis 1995 et consultables sur le site internet du © Mémorial et Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau Voir l’article : Les dates de décès des "45000" à Auschwitz.
Joseph Biffe est déclaré « Mort pour la France » (avis inscrit sur l’acte de décès en mairie de Saint-Ouen en décembre 1988 d’après sa fille).
8 mai 1946 au dépôt des Poissonniers
Le 8 mai 1946, les sections syndicales CGT des dépôts de Michelet à Saint-Ouen, Gonesse, Épinay et Poissonniers inaugurent une plaque commémorative en présence du directeur général de la RATP, M. Langevin, et du maire de Saint-Ouen, Fernand Lefort.  « A nos camarades morts pour la France, victimes de la barbarie nazie ». Cette plaque siglée CMP (Compagnie du Chemin de fer métropolitain de Paris), sur laquelle est gravé le nom de Joseph Biffe avec ceux de 33 autres militants, a été apposée volontairement sur le mur extérieur du dépôt en vue d'un hommage public, comme celles des ateliers du métro à Saint-Ouen (in Noëlle Gérome, op. cité).
La Stèle dans le square des 45000 et 31000
À Saint-Ouen, son nom est gravé sur le Monument de la Résistance et de la Déportation du cimetière communal, et sur la stèle érigée en « Hommage aux résistants, femmes, hommes, déportés à Auschwitz-Birkenau », inaugurée le 24 avril 2005 dans le Square des « 45.000 » et des « 31.000 » (le convoi du 24 janvier 1943).
  • Note 1 : Paul Reynaud vient d’entrer dans le gouvernement Daladier comme Garde des sceaux. Les décrets-loi des 12 et 13 novembre 1938 remettent en cause des acquis essentiels de 1936.  « Décidant, d’un côté d’une amélioration des Allocations familiales, les décrets-lois décident, de l’autre, la réduction des grands travaux au profit des industries d’armement, la majoration de certains impôts et taxes à la consommation, la semaine de 6 jours, l’«assouplissement» des 40 heures : jusqu’à la cinquantième, il suffira d’un simple préavis adressé à l’inspection du travail ; la majoration pour les heures supplémentaires est supprimée pour les 250 premières, fortement réduites pour les autres, des sanctions pour ceux qui refuseraient d’en faire dans les industries travaillant pour la défense nationale ». Gilles Pichavant, Le Fil Rouge (IHS CGT Seine Maritime).
  • Note 2 : Lore Wolf est née le 11 mars 1900 à Sommershausen sur le Main (Bavière).  Sténo dactylo, syndiquée à 16 ans, elle milite au mouvement des amis de la nature. Adhère à la jeunesse ouvrière socialiste. Elle épouse en 1921 Hans Wolf. Elle en a une fille en 1925. Le couple émigre en 1929 aux USA. En 1932 à cause du chômage, son mari émigre en Union Soviétique. En 1933 pendant des vacances en Allemagne elle adhère au KPD illégal. Elle mène une activité anti-fasciste pour le KPD et le Secours Rouge. Arrêtée, elle est expulsée par le gouvernement National Socialiste. Elle émigre en Sarre, alors sous mandat de la SDN. Après le référendum de 1935 et le rattachement à l’Allemagne, elle émigre clandestinement en France où elle est hébergée par famille Biffe, par le biais du Secours Rouge, alors situé avenue de la Grange-aux-belles. Elle aide les anciens brigadistes allemands à leur retour d’Espagne, et se lie avec Anna Seghers. Elle s’engage dans la Résistance. Elle est arrêtée par la Gestapo le 28 août 1940 à Paris. La Gestapo veut connaitre le lieu où Anna Seghers se cache. Lore Wolf résiste aux interrogatoires, à la torture et à l'isolation et ne trahit pas son amie. Elle est internée au KZ Fuhlsbiittel près de Hambourg jusqu’à sa libération en 1945.
     Restée en étroit contact avec Anna Seghers après-guerre, elle écrira deux livres sur sa vie de clandestine en France et son emprisonnement : Ein Leben ist viel zu wenig  (La vie est trop courte) et Ich habe das Leben lieb“ (J’aime aimer la vie). Lore Wolf meurt le 4 août 1996 à Francfort-sur-le-Main. Membre du DKP jusqu’à sa mort, militante du mouvement « Allemagne libre », et d’organisations d’anciens militants anti hitlériens, elle a participé à la rédaction de journaux antifascistes. Compilation de plusieurs articles en allemand sur des sites du DKP et Wikipedia, © Pierre Cardon.
  • Note 3 : L’internement administratif a été institutionnalisé par le décret du 18 novembre 1939, qui donne aux préfets le pouvoir de décider l’éloignement et, en cas de nécessité, l’assignation à résidence dans un centre de séjour surveillé, « des individus dangereux pour la défense nationale ou la sécurité publique ». Il est aggravé par le gouvernement de Vichy fin 1940. La loi du 3 septembre 1940 proroge le décret du 18 novembre 1939 et prévoit l'internement administratif de "tous individus dangereux pour la défense nationale ou la sécurité publique". Les premiers visés sont les communistes.
  • Note 4 : Quatre-vingt militants communistes - emprisonnés à Fresnes, la Santé ou Poissy avant la fin de la guerre, où ils purgeaient de lourdes peines de prison - y sont incarcérés depuis juin 1940, devant l’avancée allemande. Il y côtoie Henri Asselineau qui sera déporté avec lui à Auschwitz, Gaston Bernard, Fernand Alby (maire du 13ème à la Libération), Lucien Chapelain (maire adjoint communiste de Bondy), qui seront également déportés dans des camps de concentration allemands et qui témoigneront de la dureté du régime pénitentiaire à Fontevraud.
  • Note 5 : Jules Crapier, ancien secrétaire général de la CGTU et CGT cheminots, sera membre du conseil d’administration de la SNCF entre 1945 et 1948. Maurice Léonard, ancien Conseiller général de La Courneuve avant guerre, en sera le maire entre 1944 et 1947. Corentin Cariou, membre du Comité central du PCF, est fusillé le 7 mars 1942 dans la forêt de Carlepont (près de Compiègne). Pierre Rigaud, dirigeant des Jeunesses communistes à Paris et à Lyon, est fusillé le même jour à Carlepont. Louis Thorez est fusillé au Mont Valérien, le 11 août 1942, après son évasion réussie du Camp de Compiègne.
  • Note 6 : 522 photos d’immatriculation des « 45000 » à Auschwitz ont été retrouvées parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation du camp d’Auschwitz. A la Libération elles ont été conservées dans les archives du musée d’Auschwitz. Des tirages de ces photos ont été remis à André Montagne, vice-président de l'Amicale d'Auschwitz, qui me les a confiés. 
Sources
  • Questionnaire biographique (contribution à l’histoire de la déportation du convoi du 6 juillet 1942), envoyé aux mairies, associations et familles au début de mes recherches, en 1987, rempli par Mme Cécile Jouvin, sa fille le 9 juillet 1992. 
  • Gazette des Ardennes. Liste n° 477 de 250 noms de prisonniers au camp de Giessen.
  • © Archives définitives de la RATP, à la Maison de la RATP, dossier personnel de Joseph Biffe. Remerciements à Mme Laurence Loy et Mr. Thiriau.
  • Brochure "A Châteaubriant, 23 octobre 1941", dédiée à Melle Y. M., dissimulée sous une couverture de la "Petite bibliothèque Nationale : La Rochefoucauld, Maximes" (pages 11 et 12).
  • Souvenirs de Daniel Tamanini, ancien membre des Jeunesses communistes de Montreuil avant-guerre, président de la FNDIRP de Montreuil (avril 1989). 
  • Témoignage de Camille Nivault.
  • Le deuil en hommage: monuments et plaques commémoratives de la RATP,  par Noëlle Gérôme. Ed. Créaphis éditions. P. 112-114.
  • Archives de la Préfecture de police, Cartons occupation allemande, BA 2374. 
  • Mémoire de maîtrise d’Histoire sur Aincourt d’Emilie Bouin, juin 2003. Premier camp d'internement des communistes en zone occupée. dir. C. Laporte. Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines / UFR des Sciences sociales et des Humanités.
  • Archives de la police / BA 2374
  • Archives du CSS d'Aincourt aux Archives départementales des Yvelines, cotes W.
  • Archives de la Préfecture de police de Paris, Cartons occupation allemande, BA 2374. 
  • Death Books from Auschwitz (registres des morts d'Auschwitz), Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres (incomplets) des certificats de décès établis au camp d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Photo d'immatriculation à Auschwitz : Musée d'état Auschwitz-Birkenau / © collection André Montagne .
  • © Le CSS d’Aincourt, in blog de Roger Colombier
  • © Site Internet Legifrance.
  • © Site Internet MemorialGenWeb.
  • © Dessin de Franz Reisz, in « Témoignages sur Auschwitz », ouvrage édité par l’Amicale des déportés d’Auschwitz (1946).
Biographie mise à jour en juillet 2014 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées du  blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour la compléter ou la corriger, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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