L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


FERSTLA Maurice



46274

Maurice Ferstla est né le 27 janvier 1893 à Ustrom en Silésie (Pologne).
Il habite au 5 rue du Soleil dans le 20ème arrondissement de Paris au moment de son arrestation.
Il est arrêté à Paris au cours de la deuxième grande rafle des Juifs résidant dans plusieurs arrondissements de la capitale, dont le 20ème, Rafle opérée dans le cadre de représailles après des attentats commis contre des soldats allemands.  

20, 21 22  août 1942 , 4232 hommes transférés à Drancy
Il est probable que Maurice Ferstla a été arrêté le 21 août 1941 « Du 20 au 24 août 1941, une grande rafle a lieu à Paris. Cette rafle est d'abord menée, le 20 août, dans le 11ème, puis étendue, le 21, aux 10ème, 18ème, 19ème et 20ème arrondissements. Lors de cette rafle, la police française collaborant avec la Feldgendarmerie allemande, arrête tous les Juifs - hommes exclusivement - français et étrangers de 18 à 50 ans. 4 232 personnes (sur les 5 784 personnes que prévoyaient les listes) sont arrêtées et emprisonnées à Drancy, dans la cité de la Muette devenue camp d'internement de Juifs. Elle est désormais identifiée sous le nom de « camp de Drancy » (Wikipédia).
Maurice Ferstla est interné au camp de Drancy (source BAVCC), il y reçoit le matricule 2779.
Il est transféré depuis le camp de Drancy au camp allemand de Compiègne (Frontstalag 122) le 29 avril 1942. Il fait partie d’un transfert de 784 Juifs de Drancy vers Compiègne, qui sont internés dans le camp « C ». 751 d’entre eux sont déportés le 5 juin 1942 à Auschwitz. Les autres, comme Maurice Ferstla et Abraham Wajbrot, sont déportés dans le convoi du 6 juillet 1942 avec les otages juifs de Caen qui ont été transférés le 4 mai à Compiègne. 
Depuis Compiègne Maurice Ferstla va être déporté à destination d’Auschwitz le 6 juillet 1942. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».

Extrait de la liste du convoi du 5 juin 1942
En effet, si le nom de Maurice Ferstla figure sur une liste des déportés à Auschwitz par le convoi n° 02 (1) au départ de Compiègne le 05 juin 1942 (source @ Mémorial de la Shoah), il n’est pas déporté dans ce convoi, mais avec les 50 otages Juifs du convoi du 6 juillet 1942.
En témoignent d’une part sa fiche conservée au BAVCC et d’autre part son numéro d’immatriculation à Auschwitz : les déportés du convoi du 5 juin 1942 ont reçu des numéros nettement antérieurs à ceux du convoi dit des « 45000 » : par exemple le numéro d’immatriculation à Auschwitz de Samuel Finkel de Clichy, qui est le nom du déporté qui suit immédiatement celui de Maurice Ferstla sur la liste du convoi n° 2 est le « 38426 » à Auschwitz. Alors que celui de Maurice Ferstla est le « 46276 ».
Ils sont ainsi plusieurs otages Juifs arrêtés comme tels, dont le départ à été différé et dont le nom figure sur les listes du convoi dit n° 2 par le Mémorial de la Shoah.

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Maurice Ferstla est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les Judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.

Site internet © Mémorial et Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau
Maurice Ferstla est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro «46276» selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz. Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, "visite médicale"
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a pas été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi). Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks. Tous les déportés Juifs du convoi, excepté David Badache, restent à Birkenau.

Dessin de Franz Reisz, 1946
Maurice Ferstla meurt le 28 juillet 1942 à Birkenau le 9 août 1942 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 et le site internet © Mémorial et Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau) où il est mentionné avec ses dates et lieux de naissance et de décès, son numéro matricule et avec l’indication « Mosaich » (confession israëlite, Juif).
  • Note 1 : Dans le cadre de son considérable travail mémoriel, Serge Klarsfeld a numéroté tous les convois raciaux partis de France à direction d’Auschwitz, en reprenant les numéros attribués par les Nazis. Les convois n° 1 et 2 sont partis les 27 mars et 5 juin 1942 de Compiègne. 67 autres partiront de Drancy, 5 de Pithiviers, 2 de Beaune la Rolande et 1 de Lyon. 
    Mais on trouve dans les listes du Mémorial de la Shoah, un numéro - le n° 451 sans précision de sa date de départ - qui correspond au convoi du 6 juillet 1942. S’il s’agit d’un convoi composé pour l’essentiel d’otages politiques, leur déportation s’inscrit dans le cadre de la politique allemande des otages contre le « judéo-bolchevisme » qui s’applique directement aux convois n° 1 et 2. Il comprend de plus 50 otages Juifs déportés comme tels, et sa terrible mortalité (89 %) est proche de celle des convois raciaux. Il eut certainement mieux valu ne pas le numéroter, car ce numéro 451 introduit une confusion dans la chronologie : il est en effet historiquement le 3ème convoi parti de Compiègne pour Auschwitz, et le 6ème des convois partis de France pour Auschwitz selon sa date de départ.
Sources
  • Drancy : Bundesarchiv, 183 B10920, Frankreich, Paris, festgenommene Juden im Lager.
  • Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (dossier individuel consulté).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • Death Books from Auschwitz (registres des morts d'Auschwitz), Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres (incomplets) des certificats de décès établis au camp d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • © Mémorial de la Shoah, Centre de documentation juive contemporaine (CDJC). Paris IVème.
  • © Dessin de Franz Reisz, in « Témoignages sur Auschwitz », ouvrage édité par l’Amicale des déportés d’Auschwitz (1946).
Biographie mise à jour en février 2014 à partir de la notice rédigée en 2002 par Claudine Cardon-Hamet pour l’exposition de Paris de l’association «Mémoire vive». Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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