L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


LOUIS Pierre



Commémoration devant la plaque en mémoire de Pierre Louis
Matricule 45806 à Auschwitz

Pierre Louis est né le 8 janvier 1922 à Dombasle (Meuse).
Si les noms de ses père et mère sont « non dénommés » sur son acte de naissance, on sait que sa mère est Mathilde Beccari, aveugle civile, qui habitait Villetaneuse à la Libération.
Au moment de son arrestation, Pierre Louis habite au 71 avenue de Saint-Denis à Villetaneuse (Seine / Seine-Saint-Denis).
Pierre Louis est manœuvre. Selon sa fiche au BAVCC, il est suspecté par la police d’activités communistes et d’actes de résistance.
Il est arrêté le 28 avril 1942 à 6 heures du matin par un officier allemand assisté par un inspecteur français. Ce jour là une rafle est effectuée par l’occupant dans tout le département de la Seine. Lire dans le blog La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942). Suivant cette politique des otages, les autorités d’occupation ordonnent l’exécution d’otages déjà internés et arrêtent 387 militants, dont la plupart avaient déjà été arrêtés une première fois par la police française pour « activité communiste » depuis l’armistice et libérés à l’expiration de leur peine. Les autres, comme Pierre Louis, sont connus ou suspectés par les services de police.
Il s’agit de représailles ordonnées à la suite d’une série d’attentats à Paris (le 20 avril un soldat de première classe est abattu au métro Molitor, deux soldats dans un autobus parisien, le 22 avril un militaire est blessé à Malakoff).

Pierre Louis est interné le même jour au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122).
Depuis ce camp, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Pierre Louis est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les Judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.

Pierre Louis est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro «45806» selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz. Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, "visite médicale"
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a pas été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Pierre Louis meurt à Auschwitz le 8 août 1942 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 740 et le site internet © Mémorial et Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau).
Le jugement déclaratif de décès du 15 avril 1969 déclare Pierre Louis décédé à Compiègne (Oise) le 28 avril 1942, soit à la date de son arrestation.
En 1965, un dossier d’homologation de « Déporté politique » était en cours, mais la mention n’a jamais été établie. La seule trace écrite dans son dossier aux ACVG étant la mention « Résistance » et sa date d’arrestation et d’internement à Compiègne, considérée à tort comme date de décès. Seule une carte d’Interné politique a donc été délivrée à sa mère en 1966 (IP 1801. 169 66).
Il conviendrait que le Ministère honore sa mémoire en rectifiant cette erreur, par un arrêté qui reprenne la date de son décès (qui témoigne bien de sa déportation à Auschwitz), mentionnée sur le certificat de décès de l’état civil d’Auschwitz, accessible depuis 1995 et consultable sur le site internet du © Mémorial et Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau. Lire dans le blog l’article expliquant les différences de dates entre celle inscrite dans les «Death books» et celle portée sur l’acte décès de l’état civil français : Les dates de décès des "45000" à Auschwitz.

Commémoration 2011 © Saddri Derradji.
Chaque année les plaques commémoratives des six résistants Villetaneusiens morts pour la liberté de la France sont fleuries par la municipalité et les associations : Pierre Louis  est ainsi honoré avec ses camarades Yvon Leclercq, Maurice Grandcoing, Gaston Noreux, Ernest Siegrist, Delphine Presset.

Sources
  • Extrait du registre d’Etat civil de Dombasle (mai 1994).
  • Archives de la Préfecture de police de Paris, Cartons occupation allemande, BA 2374. 
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en octobre 1993.
  • Liste des jeunes communistes nés entre 1912 et 1922, aptes à être déportés à l’Est 23/12/1941 (archives du CDJC. XLIV-198).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • © Photo de wagon à Auschwitz, in Bulletin de l’Amicale des déportés tatoués du convoi du 27 avril 1944.
  • © Musée d'Auschwitz Birkenau. L'entrée du camp d'Auschwitz 1.
  • Hommage aux victimes et héros de la déportation de Villetaneuse, le 27/04/11 par © Saddri Derradji.
Biographie mise à jour et installée en juin 2013 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées du  blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour la compléter ou la corriger, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

Aucun commentaire: