L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


LECLERCQ Marcel


Marcel Leclercq dans les années vingt (service militaire)
Marcel Leclercq est né le 26 janvier 1901 au Cateau-Cambraisis (Nord). Il est le fils d’Héléna Demon et d’Alexandre, Antoine Leclercq, coiffeur, son époux.
Marcel Leclercq habite au 33 rue de Paris à Romainville (Seine / Seine-Saint-Denis) au moment de son arrestation.
Il est titulaire du Certificat d’Etudes primaires.
Son registre matricule militaire indique qu’il habite Cambrai (Nord), rue des feutriers, au moment du conseil de révision et qu’il travaille comme garçon coiffeur. Il mesure 1m 61, a les cheveux bruns et les yeux bleus, le front fuyant, le nez cave et sinueux, le visage ovale. Il a un niveau d’instruction « n° 3 » pour l’armée (sait lire, écrire et compter, instruction primaire développée).
Conscrit de la classe 1921, et titulaire du CPSM (certificat préparatoire au service militaire), il a de ce fait pu choisir son arme. Il est incorporé au 20ème bataillon de chasseurs à pied, basé à Antibes le 8 avril 1921. Il arrive à la caserne du 20ème BCP, le 15 du mois. Il passe chasseur de 1ère classe le 16 avril 1922.
Il est « renvoyé dans ses foyers » le 25 avril 1923 (en avril 1923, la durée du service militaire est ramenée de 3 ans à 18 mois).
A la mi-mai 1923, il est domicilié au 26 rue Vercingétorix à Paris 14ème.
En février 1924, il habite au 80 rue de Vesle à Reims. Il épouse Anne, Josepha Seyler le 11 mai 1924 à Reims. Le couple a une fille, Marcelle, qui naît le 1er juin 1924.
Fin décembre 1925, ils viennent en région parisienne et habitent alors au 4 rue Morel à Saint-Ouen.
Le 33 rue de Paris à Romainville
Classé dans la réserve militaire au 26ème BCP, il est rattaché à la classe 1919 de mobilisation (père d’un enfant) en 1925 (puis au 26ème dépôt d’infanterie en 1931).
A partir de mars 1927, Marcel Leclercq s’installe à son compte comme coiffeur : sa boutique est située au 33 rue de Paris à Romainville (Seine / Seine-Saint-Denis).

Féru de musique, Marcel Leclercq est directeur de la Musique municipale et de la Chorale de Romainville. Il est membre du Parti communiste.
Marcel Leclercq est né le 26 janvier 1901 au Cateau-Cambraisis (Nord). Il est le fils d’Héléna Demon et d’Alexandre, Antoine Leclercq, coiffeur, son époux.
Marcel Leclercq habite au 33 rue de Paris à Romainville (Seine / Seine-Saint-Denis) au moment de son arrestation.
Il est titulaire du Certificat d’Etudes primaires.
Son registre matricule militaire indique qu’il habite Cambrai (Nord), rue des feutriers, au moment du conseil de révision et qu’il travaille comme garçon coiffeur. Il mesure 1m 61, a les cheveux bruns et les yeux bleus, le front fuyant, le nez cave et sinueux, le visage ovale. Il a un niveau d’instruction « n° 3 » pour l’armée (sait lire, écrire et compter, instruction primaire développée).
Conscrit de la classe 1921, et titulaire du CPSM (certificat préparatoire au service militaire), il a de ce fait pu choisir son arme. Il est incorporé au 20ème bataillon de chasseurs à pied, basé à Antibes le 8 avril 1921. Il arrive à la caserne du 20ème BCP, le 15 du mois. Il passe chasseur de 1ère classe le 16 avril 1922.
Il est « renvoyé dans ses foyers » le 25 avril 1923 (en avril 1923, la durée du service militaire est ramenée de 3 ans à 18 mois).
A la mi-mai 1923, il est domicilié au 26 rue Vercingétorix à Paris 14ème.
En février 1924, il habite au 80 rue de Vesle à Reims. Il épouse Anne, Josepha Seyler le 11 mai 1924 à Reims. Le couple a une fille, Marcelle, qui naît le 1er juin 1924.
Fin décembre 1925, ils viennent en région parisienne et habitent alors au 4 rue Morel à Saint-Ouen.
Classé dans la réserve militaire au 26ème BCP, il est rattaché à la classe 1919 de mobilisation (père d’un enfant) en 1925 (puis au 26ème dépôt d’infanterie en 1931).
A partir de mars 1927, Marcel Leclercq s’installe à son compte comme coiffeur : sa boutique est située au 33 rue de Paris à Romainville (Seine / Seine-Saint-Denis).
Féru de musique, Marcel Leclercq est directeur de la Musique municipale et de la Chorale de Romainville. Il est membre du Parti communiste.
Le décret de mobilisation générale du 2 septembre 1939, rappelle les réservistes à partir des classes 1911. Marcel Leclercq est « rappelé à l’activité » le 27 janvier 1940 et affecté au 13ème dépôt d’infanterie. Il est démobilisé à Noisy-le-Sec le 21 octobre 1940.
Il est arrêté le 9 novembre 1940 (1) à son domicile, devant sa femme et sa fille. Trois autres militants romainvillois sont arrêtés en même temps que lui selon son épouse : Belli, Louis Gouffé et Joseph Auguste.

Le 9 novembre 1940, en application du décret du 18 novembre 1939 (2), le préfet de police de Paris, Roger Langeron, ordonne son internement administratif et celui de Louis Gouffé. Ils sont transférés au camp de «Séjour surveillé» d’Aincourt, en Seine-et-Oise (aujourd’hui dans le Val d’Oise), ouvert spécialement, en octobre 1940 pour y enfermer les communistes arrêtés (lire dans le blog : Le camp d’Aincourt. On notera que le terme de "propagandiste" a été raturé pour celui de "meneur" sur la fiche de renseignement des Renseignements généraux transmise au directeur d'Aincourt.
Les 23 et 26 avril 1942, 153 internés en provenance du CSS d’Aincourt sont transférés au “centre de séjour surveillé” de Voves. Marcel Leclercq fait partie du transfert du 26 avril, avec 90 de ses camarades. Il est enregistré à Voves sous le n° 201 (dossier 400.527).

Dans deux courriers en date des 6 et 9 mai 1942, le chef de la Feldkommandantur d’Orléans envoie au Préfet de Chartres deux listes d’internés communistes du camp de Voves à transférer au camp d’internement de Compiègne à la demande du commandement militaire en France.
Marcel Leclerc  figure sur la première liste. Sur les deux listes d’un total de cent neuf internés, 87 d’entre eux seront déportés à Auschwitz. Le directeur du camp a fait supprimer toutes les permissions de visite « afin d’éviter que les familles assistent au prélèvement des 81 communistes pris en charge par l’armée d’occupation ».
La prise en charge par les gendarmes allemands s’est effectuée le 10 mai 1942 à 10 h 30 à la gare de Voves. Il poursuit « Cette ponction a produit chez les internés présents un gros effet moral, ces derniers ne cachent pas que tôt ou tard ce sera leur tour. Toutefois il est à remarquer qu’ils conservent une énergie et une conviction extraordinaire en ce sens que demain la victoire sera pour eux. Il indique également ceux qui restèrent se mirent à chanter la «Marseillaise» et la reprirent à trois reprises ».
François Isaac de Bagnolet se souvient du 10 mai 1942 à Voves : « Les Allemands arrivent au camp vers 10 h et en repartent vers 11 h 30, avec 78 ou 80 camarades, pris cette fois parmi les anciens du camp…. Parmi ces camarades, je note les noms de (…) Leclair (Marcel Leclercq), coiffeur à Romainville…. Ces bons camarades sont partis courageusement, avec une attitude noble, digne de vrais Français. Ils sont vraisemblablement emmenés à Compiègne… ». In « Gens de Bagnolet vers l’été 1944 pour la Libération » de Jean Pierre Gast.
A Compiègne, Marcel Leclercq reçoit le numéro matricule 5705. Il est affecté au bâtiment C5 II.
Depuis ce camp, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Anne Leclercq effectue des démarches auprès de la délégation générale du gouvernement français dans les territoires occupés afin d’obtenir des nouvelles de son mari.  Elle reçoit une aide (500 F) de « l’Assistance française ».
Les wagons de la Déportation
Marcel Leclercq est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les Judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Son numéro d’immatriculation lors de son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 est inconnu. Lire dans le blog le récit du premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, "visite médicale". Le numéro "45749 ?" figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 correspondait à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Ce numéro, quoique plausible, ne saurait être considéré comme sûr en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Il ne figure plus dans mon ouvrage Triangles rouges à Auschwitz. Par ailleurs, la photo d’immatriculation du déporté portant ce numéro n’a pas été retrouvée et n’a donc pu être comparée avec sa photo d’avant-guerre.
Entrée du camp principal d'Auschwitz
Après l’enregistrement, Marcel Leclercq passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks. Aucun des documents - sauvés de la destruction ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz - ne nous permet de savoir dans quel camp il est affecté à cette date.
Heuri Gorgue, seul romainvillois rescapé, lorsqu'il nomme ses camarades de Romainville à Auschwitz dit "Il y avait aussi Marcel Leclercq, le coiffeur, qu'était un gars bien" (extrait du spectacle "les années 40 à Romainville" le 7 septembre 1985).
Marcel Leclercq meurt à Auschwitz le 25 septembre 1942, d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 702 et le site internet © Mémorial et Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau).
Photo in « Femmes et Hommes de Romainville »
Un arrêté ministériel du 3 février 1994 paru au Journal Officiel du 23 mars 1994, porte apposition de la mention «Mort en déportation» sur les actes et jugements déclaratifs de décès de Marcel Leclercq. Mais il comporte une date erronée : « décédé le 31 août 1942 à Auschwitz (Pologne) ». Il serait souhaitable que le Ministère prenne en compte, par un nouvel arrêté, la date portée sur son certificat de décès de l’état civil d’Auschwitz, accessible depuis 1995 et consultables sur le site internet du © Mémorial et Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau. Lire dans le blog l’article expliquant les différences de dates entre celle inscrite dans les «Death books» et celle portée sur l’acte décès de l’état civil français) Les dates de décès des "45000" à Auschwitz.
Son nom est inscrit en lettres d’or sur la plaque de marbre à l’intérieur de la Mairie (Victimes de la guerre 1939-1945 - Morts dans la Résistance).
  • Note 1 : Dans un courrier de 1988, l’archiviste de la mairie de Romainville me communiquait deux dates possibles d’arrestation pour Marcel Leclercq : le 5 octobre 1940 ou le 9 novembre de la même année. J’ai retenu la deuxième date, car les militants arrêtés le 5 octobre dans le cadre de la grande rafle décidée, avec l’accord de l’occupant, par le gouvernement de Pétain à l’encontre des principaux responsables communistes d’avant-guerre de la Seine (élus, cadres du Parti et de la CGT) sont internés le même jour au CSS d’Aincourt. Par ailleurs, son épouse, dans le questionnaire intitulé « Dénombrement des internés et déportés » du ministère mentionne expressément la date du 9 novembre 1940 comme date d’arrestation. De plus, son registre matricule militaire indique qu'il se fait démobiliser à Noisy-le-Sec le 10 octobre.
  • Note 2 : L’internement administratif a été institutionnalisé par le décret du 18 novembre 1939, qui donne aux préfets le pouvoir de décider l’éloignement et, en cas de nécessité, l’assignation à résidence dans un centre de séjour surveillé, « des individus dangereux pour la défense nationale ou la sécurité publique ». Il est aggravé par le gouvernement de Vichy fin 1940. La loi du 3 septembre 1940 proroge le décret du 18 novembre 1939 et prévoit l'internement administratif de "tous individus dangereux pour la défense nationale ou la sécurité publique". Les premiers visés sont les communistes.
Sources
  • Claudine Cardon-Hamet, notice pour le soixantième anniversaire du départ du convoi des « 45000 », brochure répertoriant les “45000” de Seine-Saint-Denis, éditée par la Ville de Montreuil et le Musée d’Histoire vivante, 2002. 
  • Archives de Romainville. J. Denis, archiviste (1988).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains
  • « Femmes et Hommes de Romainville », de la Résistance à la Libération. Par Guy Auzolles et Albert Giry, édité par la ville de Romainville, 1999.
  • Photo de Marcel Leclercq in « Femmes et Hommes de Romainville ».
  • Lettre d’Albert Giry à Louis Odru pour l'ANACR 93, concernant les dates de naissance des "45000" de Romainville (27 juin 2003), avec des photocopies de photographies des déportés romainvillois, dont celle de Marcel Leclercq. Ces documents m'ont été transmis par Madeleine Odru.
  • Mémoire de maîtrise d’Histoire sur Aincourt d’Emilie Bouin, juin 2003. Premier camp d'internement des communistes en zone occupée. dir. C. Laporte. Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines / UFR des Sciences sociales et des Humanités.
  • Archives de la police / BA 2374
  • Stéphane Fourmas, Le centre de séjour surveillé de Voves (Eure-et-Loir) janvier 1942 - mai  1944, mémoire de maîtrise, Paris-I (Panthéon-Sorbonne), 1998-1999.
  • Death Books from Auschwitz (registres des morts d'Auschwitz), Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres (incomplets) des certificats de décès établis au camp d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • © Musée d'Auschwitz Birkenau. L'entrée du camp d'Auschwitz 1.
  • Registres matricules militaires du Nord.
Biographie mise à jour et installée en juin 2013 par Claudine Cardon-Hamet (complétée en 2016) , docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées du  blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour la compléter ou la corriger, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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