L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


SANSOULET-PLANTE Gaston, Auguste


Matricule 46096 à Auschwitz

Gaston Sansoulet-Planté est né le 24 février 1914 à Paris (6ème). Son père, Félix Sansoulet-Planté né en 1883, contrôleur PTT, est conseiller municipal SFIO de Fontenay entre 1925 et 1929. 
Gaston Sansoulet habite au 9 bis rue Jean Jaurès à Fontenay aux Roses (Seine  / Hauts de Seine).
Gaston Sansoulet est marié avec Raymonde. Le couple a un enfant.
Il est employé aux PTT à la gare Montparnasse à Paris.
Militant communiste, il est secrétaire de cellule à Fontenay.
Il est adhérent à la CGT à la gare de Paris Montparnasse.
En 1941, membre du Front National, il milite sur les communes de Fontenay, Chatillon, Le Plessis et Châtenay-Malabry.
Gaston Sansoulet est arrêté le 1er septembre 1941 à son domicile, par la police française, comme "communiste résistant". Son épouse Raymonde signale que sont arrêtés en même temps que lui Georges Delrieux (déporté à Buchenwald, rescapé) et Robert Marchand (déporté).
Gaston Sansoulet est maintenu au Dépôt de la préfecture de Paris. Le Préfet de police de Paris, François Bard le fait interner - en application du décret du 18 novembre 1939 - au CSS de Rouillé (1) le 9 octobre 1941, au sein d’un groupe de soixante communistes de la région parisienne (40 détenus viennent du dépôt de la Préfecture de Police de Paris et  20 viennent de la caserne des Tourelles).  

Le CSS de Rouillé © VRID
Début mai 1942, les autorités allemandes adressent au directeur du camp de Rouillé une liste de 187 internés qui doivent être transférés au camp allemand de Compiègne (Frontstallag 122). Le nom de Gaston Sansoulet (n° 165 de la liste) y figure et c’est au sein d’un groupe de 168 internés qu’il arrive au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) le 22 mai 1942. La plupart d’entre eux seront déportés à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet. 
Depuis ce camp, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».

Les wagons de la Déportation
Gaston Sansoulet est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les Judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Gaston Sansoulet est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro «45420» selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz. Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, "visite médicale"

Sa photo d’immatriculation à Auschwitz a été retrouvée (3) parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Aucun document des archives SS préservées de la destruction ne permet de connaître la date de son décès à Auschwitz. Le 21 septembre 1946, le ministère des Anciens combattants a fixé fictivement celle-ci au 15 septembre 1942 (mort du typhus) sur la base du témoignage de ses compagnons de déportation.
Un arrêté ministériel du 24 février 1998 paru au Journal Officiel du 19 mai 1998 porte apposition de la mention «Mort en déportation» sur les actes et jugements déclaratifs de décès de Gaston Sansoulet.
Il est homologué "Déporté politique", homologué au grade de sergent dans la Résistance Intérieure Française. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la commune. 

Une avenue rappelle sa mémoire à Fontenay.
Les communistes (chercheurs) du Centre de l’Energie Atomique (dont le directeur est Frédéric Joliot-Curie) installé à Fontenay avant son déménagement à Saclay, avaient donné son nom à leur cellule.
  • Note 1 : Le camp d’internement administratif de Rouillé (Vienne) est ouvert le 6 septembre 1941, sous la dénomination de «centre de séjour surveillé», pour recevoir 150 internés politiques venant de la région parisienne, c’est-à-dire membres du Parti Communiste dissous et maintenus au camp d’Aincourt depuis le 5 octobre 1940. D’autres venant de prisons diverses et du camp des Tourelles. In site de l’Amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé.
  • Note 2 : Dix-neuf internés de la liste de 187 noms sont manquants le 22 mai. Cinq d’entre eux ont été fusillés (Pierre Dejardin, René François, Bernard Grimbaum, Isidore Pertier, Maurice Weldzland). Trois se sont évadés (Albert Belli, Emilien Cateau et Henri Dupont). Les autres ont été soit libérés, soit transférés dans d’autres camps ou étaient hospitalisés.
  • Note 3 : 522 photos d’immatriculation des « 45000 » à Auschwitz ont été retrouvées : elles avaient été cachées par des membres de la Résistance intérieure du camp pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. Elles été retrouvées à la Libération et conservées dans les archives du musée d’Auschwitz. Des tirages de ces photos ont été remis à André Montagne, vice-président de l'Amicale d'Auschwitz qui me les a confiés. 
Sources
  • Questionnaire biographique (contribution à l’histoire de la déportation du convoi du 6 juillet 1942), envoyé aux mairies, associations et familles au début de mes recherches, en 1987, rempli par sa veuve (30 juillet 1990). Présidente du Comité d’entente de Fontenay jusqu’en 1996. Membre du Parti communiste.  Elle est décédée le 26 août 2007 à l’âge de 90 ans. Un hommage solennel lui a été rendu par Philippe Buchet, maire de Fontenay, en présence de son petit fils Bruno.
  • Liste XLI. 42 N° 165.
  • Correspondance avec les archives de Fotenay (6 mai 1990).
  • ACVG juillet 1992
  • 1 Bios Expo Gennevilliers 2005
  • Camp de Rouillé : archives départementales de la Vienne.
  • Liste du 22 mai 1942, transfert vers Compiègne (Centre de Documentation Juive Contemporaine XLI-42).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en juillet 1992.
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • Livre des déportés ayant reçu des médicaments à l'infirmerie de Birkenau, kommando d'Auschwitz, Registre des décédés (n° d'ordre, date, matricule, chambre, nom, nature du médicament) du 1.11.1942 au 15.07.1943.
  • © Site Internet Mémorial-GenWeb.
  • © Site Internet Légifrance.gouv.fr
  • © Site Internet Lesmortsdanslescamps.com
  • © Photo de wagon à Auschwitz, in Bulletin de l’Amicale des déportés tatoués du convoi du 27 avril 1944.
  • © Musée d'Auschwitz Birkenau. L'entrée du camp d'Auschwitz 1.

Biographie mise à jour et installée en mars 2013 à partir de la notice rédigée en 2005 pour l’exposition de Gennevilliers de l’association «Mémoire vive» par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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