L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


OMNES Antoine, Jean-Baptiste


Matricule "45936" à Auschwitz

Antoine Omnès est né le 15 juillet 1913 au Havre (Seine-Inférieure / Seine-Maritime). Il est le fils de Françoise Asoët, 37 ans, et de Jean Omnès, 37 ans, marin, son époux.
Antoine Omnès habite chez ses parents au 55 rue du Général Faidherbe au moment de son arrestation (l’immeuble a été détruit dans les bombardements du 5 septembre 1944).
Juin 1936. Les inscrits maritimes CGT du Havre
Il est navigateur, “inscrit maritime”, comme Maurice Vernichon  et Marcel Couillard.
Le pont de la Barre
Pendant l’Occupation, Antoine Omnès est arrêté le 24 février 1942, lors de la rafle du Pont de la Barre, au Havre, après l'attaque d'une colonne de marins allemande par la Résistance communiste (Groupe Chatel, 2ème Compagnie des FTP).
Extrait du livre de Marie Paule Dhaille-Hervieu. "Communistes au Havre"
Après l’attentat, les Allemands arrêtent au jugé des hommes dans les cafés de la place de l’Arsenal et dans le quartier. La rafle se poursuit le lendemain au Pont de La Barre en direction des milieux communistes et syndicalistes.
Antoine Omnès est écroué à la prison « Bonne nouvelle » de Rouen. Selon sa sœur Anna, il passe 3 ou 4 mois en cellule dans la prison de Rouen avant son transfert à Compiègne.
Les Allemandes l’internent au camp de police allemande de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122). Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Antoine Omnès est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « Judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Antoine Omnès est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro «45420» selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz.
Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, "visite médicale" 
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz a été retrouvée (1) parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Il entre à « l'infirmerie » d'Auschwitz en septembre 1942 et en sort le 17 septembre. Antoine Omnès meurt, à Auschwitz, le 4 novembre 1942 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 3 page 884) et le site © Mémorial et Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau
Le nom d’Antoine Omnès est inscrit sur le monument commémoratif de la Résistance et de la Déportation situé dans les jardins de l'Hôtel de ville du Havre : "Le 29 avril 1990, l'urne contenant des cendres de nos héros et de nos martyrs morts en déportation a été transférée dans ce monument".
  • Note 1 : 522 photos d’immatriculation des « 45000 » à Auschwitz ont été retrouvées parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation du camp d’Auschwitz. A la Libération elles ont été conservées dans les archives du musée d’Auschwitz. Des tirages de ces photos ont été remis à André Montagne, alors vice-président de l'Amicale d'Auschwitz, qui me les a confiés. 
Sources
  • Val de Fontenay, novembre 1993.
  • Acte de naissance (état civil du Havre).
  • Renseignements fournis par Mme Sylvie Barot, conservateur des Archives du Havre  (18 juin 1992).
  • Lettre d’Anna Omnès (22 mars 1948).
  • Louis Eudier, Notre combat de classe et de patriotes (1934-1945) publié au Havre, en 1977. 
  • Claude-Paul Couture, chercheur, relate l'arrestation dans son dossier du CRDP de Rouen 1986, (p.15) : «En Seine Maritime, de 1939 à 1945». 
  • Thèse de doctorat de Marie-Paule Daille-Hervieu : « Communistes au Havre, communistes du Havre » (1930-1983), IEP de Paris, 1997.
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • « Décédés du convoi de Compiègne en date du 6/7/1942 ». Classeur Ausch. 1/19, liste N°3 (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen).
  • Liste des détenus ayant été soignés à l’infirmerie d’Auschwitz (BAVCC. Ausch 3/T3).
  • Le pont de la Barre © Photo in Le Havre et Sainte-Adresse par Dan et Nicéphore (WWW. havrais-dire.over-blog.com/article-tout-le-monde-sur-le-pont.
  • Photo d'immatriculation à Auschwitz : Musée d'état Auschwitz-Birkenau, collection André Montagne.
  • © Photo de la porte d’entrée du camp d'Auschwitz : Musée d’Auschwitz-Birkenau.
Biographie mise à jour et installée en octobre 2012 à partir de la notice rédigée en 2002 pour l’exposition de Paris de l’association « Mémoire vive » par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel * deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie

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