L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


HOUVIN Robert



Robert Houvin est né le 17 avril 1904 à Paris (18ème). Il habite au 12 ou 18 rue Lesage à Paris 20ème au moment de son arrestation.
Il est employé de commerce (livreur).
Robert Houvin est arrêté fin novembre 1940 au 31 rue de Belleville à Paris 19ème, à une rue de son domicile par la « cour Lesage » (passage), pour distribution de tracts. Inculpé d’infraction aux articles 1 et 3 du décret du 26 septembre 1939 (dissolution du Parti communiste), il est alors conduit le 24 novembre au Dépôt. 
Le 25 novembre 1940, il est condamné à 6 mois de prison par la 12ème chambre correctionnelle de Paris. Il est écroué à la Santé puis est transféré à la maison d’arrêt de Fresnes le 7 décembre 1940.
A la date d'expiration normale de sa peine d'emprisonnement, il est envoyé à la maison centrale de Poissy et le préfet de police de Paris ordonne son internement administratif le 18 mai 1941 en application de la Loi du 3 septembre 1940 (fiche ci-dessous, qui indique "meneur particulièrement actif, a été condamné à 6 mois de prison pour infraction au décret du 26 septembre 1939").
Fiche des RG adressée au directeur du camp d'Aincourt
Le 23 mai 1941, il est conduit au Centre de séjour surveillé d’Aincourt (Seine-et-Oise / Val d’Oise) avec Louis Chestermann de Courbevoie,  Marc Robert de Drancy et Joseph Tortora de Clichy-la-Garenne. Lire dans le blog Le camp d’Aincourt 
Le 6 septembre 1941, Robert Houvin est transféré au camp de Rouillé (1) avec 150 internés d’Aincourt. 
Début mai 1942, les autorités allemandes adressent au directeur du camp de Rouillé une liste de 187 internés qui doivent être transférés au camp allemand de Compiègne (Frontstallag 122). Le nom de Robert Houvin (n° 101 de la liste) y figure et c’est au sein d’un groupe de 168 internés (2) qu’il arrive au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) le 22 mai 1942. La plupart d’entre eux seront déportés à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet1942S. 
A Compiègne, il reçoit le numéro matricule 5902. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Robert Houvin est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les Judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
L'entrée du camp d'Auschwitz
On ignore son numéro d’immatriculation à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschshwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. 
Le numéro «45669 ?» inscrit dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) correspondait à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Ce numéro, quoique plausible, ne saurait être considéré comme sûr en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Seule la reconnaissance, par un membre de sa famille ou ami de la photo d’immatriculation publiée au début de cette biographie pourrait désormais en fournir la preuve.
Robert Houvin meurt à Auschwitz le 25 août 1942 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 217).
Il ne figure pas au Journal Officiel comme mort en déportation.
Une plaque commémorative a été apposée sur l’immeuble où il a été arrêté au 31 rue de Belleville à Paris 19ème mais se trouve actuellement «en dépôt à la mairie du 19ème» : tout le côté de la rue de Belleville où se trouvait le 31 ayant fait place à des grands immeubles neufs.

Note 1 : Le camp d’internement administratif de Rouillé (Vienne) est ouvert le 6 septembre 1941, sous la dénomination de «centre de séjour surveillé», pour recevoir 150 internés politiques venant de la région parisienne, c’est-à-dire membres du Parti Communiste dissous et maintenus au camp d’Aincourt depuis le 5 octobre 1940. D’autres venant de prisons diverses et du camp des Tourelles. In site de l’Amicale de Chateaubriant-Voves-Rouillé.
Note 2 : Dix-neuf internés de la liste de 187 noms sont manquants le 22 mai. Cinq d’entre eux ont été fusillés (Pierre Dejardin, René François, Bernard Grimbaum, Isidore Pertier, Maurice Weldzland). Trois se sont évadés (Albert Belli, Emilien Cateau et Henri Dupont). Les autres ont été soit libérés, soit transférés dans d’autres camps ou étaient hospitalisés.

Sources
  • Liste de détenus transférés du camp de Rouillé vers celui de Compiègne le 22 mai 1942. Archives du Centre de documentation juive contemporaine : XLI-42).
  • Liste de noms de camarades du camp de Compiègne, collectés avant le départ du convoi et transmis à sa famille par Georges Prévoteau de Paris XVIIIème, mort à Auschwitz le 19 septembre 1942 (matricules 283 à 3800) (BAVCC).
  • Death Books from Auschwitz (registres des morts d'Auschwitz), Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres (incomplets) des certificats de décès établis au camp d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en octobre 1992.
  • Mémoire de maîtrise d’Histoire sur Aincourt d’Emilie Bouin, juin 2003. Premier camp d'internement des communistes en zone occupée. dir. C.Laporte. Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines / UFR des Sciences sociales et des Humanités
  • Internés au camp d’Aincourt / Archives de la police / BA 2374
  • © Site Les plaques commémoratives, sources de Mémoire.
  • Archives de la Préfecture de police, Cartons occupation allemande, BA 2374. 
  • Photo d'immatriculation à Auschwitz : Musée d'état Auschwitz-Birkenau / collection André Montagne.
  • © Site Les plaques commémoratives, sources de Mémoire.
  • © Photo de la porte d’entrée du camp d'Auschwitz : Musée d’Auschwitz-Birkenau.
  • © 1940-1945, La Résistance dans le 19e arrondissement de Paris, Ouvrage présenté par l’ANACR 19ème, Ed. « Le temps des Cerises ». 
Biographie (mise à jour en 2016) installée en octobre 2012 à partir de la notice rédigée en 2002 pour l’exposition de Paris de l’association « Mémoire vive » par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. *Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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