L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


SOUEF Olivier



46109

Olivier Souef (alias Georges Olivier dans la Résistance), est né le 26 juin 1921 à Paris 14ème. Son domicile officiel est au 7 rue de Tournon à Paris (6ème) au moment de son arrestation.
Il est célibataire. Son frère Claude le décrit comme "un jeune homme blond, les yeux bleus, grand (1m 83), l'air décidé". Ses amis le surnommaient l’Incorruptible ou Robespierre (Marie-Elisa Cohen).
Les citations en italique bistre de cette biographie sont tirées des différents témoignages de son frère Claude Souef, interné à Compiègne d’avril à juin 1942 et qui fut par la suite journaliste à « l’Humanité ».
« Mon frère s’est engagé politiquement au lendemain du 6 février 1934, plus activement au moment de la Guerre d'Espagne et du Front populaire. Il fut le responsable pour le lycée Rollin (1) des « lycéens antifascistes » qui devinrent plus tard les « lycéens de Paris ». Il en fut le responsable parisien en 1938-1939. Il était également membre des Jeunesses communistes. Lors de la création de l’Union des Etudiants et Lycéens communistes (en 1939) il fut élu membre du bureau de cette nouvelle organisation dont le secrétaire était Pierre Hervé, avec Yvon Djian (2), Francis Cohen, Emma Choury, Yves Moreau, Théanor ».

Aux environs de Rennes /  ©  Pierre Daix
Pendant la « drôle de guerre », Olivier Souef vit à Rennes (Ille-et-Vilaine) où l’hypokhâgne du lycée Rollin (dénommé plus tard, Jacques Decour) s’est repliée. Olivier est responsable des étudiants communistes de la ville, avec Jean Suret-Canale, Ginette Cros, Pierre Daix, Jeanne Brunschwig. Sur la photo ci-contre de gauche à droite : Jean Sirinelli, Jean Suret-Canale, Olivier Souef et sa fiancée et derrière eux, Pierre Daix ).
De retour à Paris en juillet 1940, il reprend ses activités aux Etudiants communistes qui se reconstituent (« il participe à toutes les actions des EC sur Paris ».
Il poursuit ses études à la Sorbonne à la faculté des lettres, où il obtient une licence de Lettres. A la Sorbonne, Olivier Souef assume des responsabilités au sein de l'UEC avec Claude Lalet. Il parle le russe presque couramment. En même temps, il travaille comme surveillant dans un lycée pour gagner sa vie.
Il est, en 1940, un des principaux animateurs du Mouvement de la Jeunesse communiste. Il s'engage en octobre 1940 comme volontaire dans l'OS, Organisation spéciale armée du Parti communiste clandestin (témoignage de Francis Cohen).
« Pendant toute une période, si son domicile légal est rue de 7 rue de Tournon, il a eu différents domiciles illégaux - il a longtemps habité rue des Petits carreaux (2ème arrondissement), dans un logement que lui avaient laissé les Kehrly, des amis suisses qui avaient regagné leur pays. Mon frère passait parfois rue de Tournon, il lui est même arrivé d’y séjourner plusieurs jours »

Appel au 11 novembre 1940 © MRN
Lorsque les étudiants et les lycéens communistes se rallient à l'idée d'une manifestation le 11 novembre 1940 devant l'Arc de triomphe à l'Etoile, il participe à l'organisation de celle-ci pour ce qui concerne les étudiants communistes (3).
C'est la première grande démonstration de résistance à l'occupation et à la collaboration. Il y a là des lycéens, des étudiants, des professeurs. Le récit varie selon les témoins. « Des lycéens venant à pied, en cortège, déposent des gerbes sur la tombe du Soldat inconnu. La foule est dense. Finalement, la police interdit l'accès au terre-plein. Sur les Champs-Elysées, des incidents se produisent avec des groupes de jeunes fascistes de « Jeune Front » et de la « Garde Française », qui ont leur permanence sur l'avenue. Des voitures et des motos zigzaguent sur les trottoirs, pourchassant les manifestants qui se replient dans les rues voisines. [...] . Il y a des tirs de mitrailleuses, des blessés, des arrestations nombreuses » témoignage de Claude Souef cité dans L'Humanité du 11 novembre 2001).

La Vérité N° 6  du 15 novembre 1941(MRN)
« A la suite de cet événement où s'affirme déjà la volonté de résistance d'une partie de la jeunesse, et « après l'Affaire de la Bibliothèque Mazarine » (4) du 20 novembre, des mesures exceptionnelles de recherches dans l’organisation des Etudiants communistes sont prises» (Albert Ouzoulias).
Olivier Souef est arrêté par des inspecteurs de la BS, Brigade spéciale des Renseignements généraux (5), le 26 novembre 1940 « missionnés en vue d’identifier et d’appréhender les auteurs de la propagande clandestine communiste dans les milieux universitaires de la capitale et plus particulièrement au quartier Latin, au moyen de tracts, papillons ou brochures «  tendance communiste ».
Une quinzaine d’autres étudiants sont arrêtés le même jour par 6 inspecteurs et l’inspecteur principal « C… » de la BS1. Parmi eux, cités par Claude Souef : Jeanne Brunschwig, Claude Lalet et sa femme Ninette (Eugénie Lory), Pierre Daix, Jean Gros, Jean Claude Levy, Raymond Guglielmo, Hélène Rounder, Ben Aleya, Bob Kirschen, Maurice Delon, Jean Rozynoer et Pierre Kast.
Claude Lalet, son épouse Eugénie, Maurice Delon (responsable du triangle parisien des E.C.) et Jean Rozynoer (étudiant en médecine qui assure la liaison avec la direction nationale) inculpés d’infraction au décret du 26 septembre 1939 (interdisant le Parti communiste) sont écroués au Dépôt le 26 novembre 1940.


Claude Lalet
De ce groupe, Jean Gros sera, lui aussi, déporté dans le convoi du 6 juillet 1942, Claude Lalet est fusillé le 22 octobre 1941 à Châteaubriant.
Le procès verbal concernant « l’affaire Levy, Ben Aleya, Souef, Gros, Daix, Guglielmo, Brunschwig) est néanmoins éloquent, même s’il note leurs dénégations, il indique : « arrêtés ce jour à la suite d’enquêtes et surveillances qui ont permis d’établir avec certitude leur sympathie agissante vis-à-vis des doctrines communistes et des membres de l’ex-parti communiste ».
La presse collaborationniste se déchaine : « Une organisation communiste a été découverte chez les étudiants, un important matériel a été saisi et dix-neuf arrestations effectuées » (Marcel Déat dans L’Œuvre du 29 novembre 1940).
Olivier Souef est conduit au Dépôt puis incarcéré à la Santé le 29 novembre 1940, inculpé d’infraction aux articles 1 et 3 du décret du 26 septembre 1939. En prison, Olivier Souef demande à son frère de lui procurer un livre sur les explosifs, car il s'était porté volontaire, avant son arrestation, pour faire partie des groupes armés de la jeunesse communiste. « Ils passent en justice au début du printemps, certains sont relaxés ou libérés leur condamnation étant inférieure au temps passé en prévention ».
Le 2 mars 1941, Olivier Souef est transféré à la Préfecture où il est libéré. Cette libération suscite des interrogations (« mais puisqu’il est innocent - est on jamais tout à fait innocent ») à la direction clandestine des Etudiants communistes et il est décidé de le mettre à l’écart. Pierre Daix qui est libéré de la Santé en avril 1941 le raconte dans deux de ses ouvrages (« J’ai cru au matin » et « Dénis de Mémoire ».  Il constate que son camarade n’est pas présent aux rendez-vous, ni aux rattrapages clandestins qu’il lui fixe. Pierre Daix est informé de la décision de mise à l’écart en mai 1941. Convaincu de son innocence (et les PV d’interrogatoire par la BS le confirment) il en en informe son camarade « j’ai foncé droit chez Olivier, sans penser même à résister à cette décision injuste ». Celui-ci « tellement communiste, militant modèle et soucieux de le rester dans l’injustice qui le frappa - le Parti avait toujours raison -  qu’il admit cette prise de précaution à son égard ».


Olivier Souef et Pierre Daix en 1940
Pierre Daix qui est recruteur à l’O.S. obtient néanmoins d’Olivier Souef qu’il s’y engage sous un pseudonyme : Georges Olivier. Il reprend alors ses activités « sans entrer dans la clandestinité ». Si son frère connaît peu de choses entre sa sortie de prison et sa seconde arrestation. « Pour des raisons de sécurité il ne nous en parlait peu. Il ne demeurait d’ailleurs pas toujours à son domicile légal ». Pierre Daix (dans « J’ai cru au matin »), Francis Cohen, Jean Suret-Canale et Albert Ouzoulias ont pu témoigner de cette période qu’ils ont vécue.
Olivier Souef participe aux manifestations de juillet et d’août 1941.
Le 13 août 1941, avec Pierre Daix, « tous deux porte-drapeaux », il est en tête de la manifestation du boulevard Strasbourg-Saint-Denis, organisée par les Jeunesses communistes en protestation contre les exécutions de José Roig et d'André Masseron (6). Il y a là Danielle Casanova, Camille Baynac, André Leroy, Albert Ouzoulias. Sitôt le premier couplet de la Marseillaise, ils sont pourchassés « il sema mieux que moi les Allemands qui lui couraient après » (Pierre Daix, qui est sauvé par un croche pied fait à un Allemand par Henri Gautherot, qui, blessé aux jambes sera pris et fusillé le 19 juillet avec Samuel Tiszelman).
Olivier Souef participe à la décision de la « Jeunesse » de poursuivre la lutte armée malgré la répression. « Souef fut de la réunion au soir du massacre des otages de Châteaubriant, au cours de laquelle nous avions décidé de continuer les actions armées » (Pierre Daix).
Au début de 1942, plusieurs attentats ont lieu à Paris : le 20 avril un soldat de première classe est abattu au métro Molitor et deux autres soldats dans un autobus parisien, le 22 avril un militaire est blessé à Malakoff.
Le 28 avril 1942 les Allemands lancent alors une rafle dans tout le département de la Seine. Elle touche un grand nombre de militants (387) arrêtés une première fois par la police française pour activité communiste depuis l’armistice et libérés à l’expiration de leur peine.
Des policiers allemands, assistés d'un inspecteur français arrêtent Olivier Souef le 28 avril 1942, ainsi que son frère Claude, Jean Gros, le père de Jean-Claude Levy et nombre de ses camarades. Du commissariat du 7ème arrondissement (rue Fabert), les captifs sont conduits à l'Ecole Militaire, puis à la Gare du Nord, par autobus. Les quais étaient cernés par des soldats allemands armés.

Inventaire de la chambrée, de la main d'Olivier (document reçu par la famille Souef à la fin juillet 1942) 
Ils sont internés au camp allemand de Compiègne (Frontstalag 122) le jour même. Olivier Souef reçoit le matricule 3941. Il est responsable de la chambrée.
Olivier Souef, selon son frère, entre dans l'organisation clandestine du camp et il est choisi par la direction de celle-ci pour être responsable politique au sein du nouveau triangle de direction qui est mis en place après l'évasion réussie de Georges Cogniot, André Tollet et de 17 autres communistes, le 22 juin 1942.
Claude Souef a raconté les interrogations des nouveaux internés face aux promesses de libération qui circulent dans le camp : « Les Allemands convoquent  régulièrement devant une commission ceux qu'ils ont arrêtés. Ils libèrent les internés dont les dossiers sont peu chargés et qui affirment n'avoir jamais milité au Parti communiste ou avoir rompu avec celui-ci. Le 15 juin, une de ces commissions se réunit et examine le cas de près de deux cents "libérables". Les détenus convoqués apprennent, par les premiers appelés qu'il leur faudra signer une déclaration. Immédiatement des émissaires, dont mon frère, se précipitent pour consulter la direction clandestine du camp. La réponse est immédiate : il ne s'agit pas de libérations individuelles et on peut signer, cela n'engage à rien. Les camarades ont déjà, en d'autres occasions, discuté du problème d'éventuelles libérations. Ils n'étaient pas unanimes. La chance a voulu que ce soient, si mes souvenirs sont exacts, Désirat puis Cogniot qui répondent. Quand, à mon tour, je passe devant les officiers allemands, après un simple contrôle d'identité, il me faut donc signer une déclaration où je m'engage à n'avoir aucune action contre l'armée allemande ou pouvant lui nuire et à dénoncer toute attitude hostile dont j'aurais connaissance. Ce n'est que le lendemain matin, je crois, que nous quittons le camp».
Le 19 juin, il écrit à sa mère alors à Marseille "Voici de bonnes nouvelles de tes deux fils Olivier est en très bonne santé, et comme toujours plein d'espoir... Claude a été libéré ce matin".
Le 6 juillet 1942 il écrit "J'ai tout ce qu'il me faut comme vêtements. Le moral et la santé sont excellents. Ne vous inquiétez don pas pour moi. Nous allons sans doute bientôt changer de résidence et vous serez peut-êttre assez longtemps sans nouivelles. Je vous embrasse tous. Gardez courage et comme le dit Colas Breugnon : "Bonhomme vit toujours". Olivier"
Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Olivier Souef est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les Judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Il jette sur le ballast "un petit papier griffonné dans le wagon que nous a fait parvenir un cheminot" écrit Claude Souef.
Olivier Souef est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro «46019» selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz. Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942.

L'entrée du camp,  ©  Musée d'Auschwitz)
Olivier Souef est mort à Auschwitz parmi les premiers « 45000 », le 9 août 1942, d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 3 page 1607). La mention «Mort en déportation» est apposée sur son acte de décès (arrêté du 20 juin 2003, paru au Journal Officiel du 10 août 2003). 
Malgré un certificat d'appartenance à la Résistance Intérieure Française (18 juin 1948), son homologation comme « Déporté résistant » est refusée. Il est déclaré « Mort pour la France » et homologué comme « Déporté politique ». La carte est attribuée à sa mère, Angèle, Eugénie.

  • Note 1 : Le lycée Rollin est l’actuel Lycée Jacques Decour. Jacques Decour était le pseudonyme de Daniel Decourdemanche qui enseignait au Lycée Rollin depuis 1937. Responsable du Comité national des écrivains, il est fusillé le 30 mai 1941 au Mont Valérien.
  • Note 2 : Yvon Djian et Pierre Lamandé du Bureau national de l’UEC seront fusillés par les Allemands.
  • Note 3 : La manifestation du 11 novembre 1940, moment important de la résistance étudiante et lycéenne, fut la conséquence de l'arrestation le 30 octobre du professeur Langevin. La manifestation lancée par les Etudiants communistes le 8 novembre, devant le Collège de France, à l’heure où Langevin aurait du faire son cours, avait été un succès. Or la radio de Londres avait lancé la consigne d’une manifestation silencieuse le 11 novembre, et les échos d’une importante mobilisation qui montait des lycées et grandes écoles lui étant parvenu, la direction communiste qui avait jusque là appelé à manifester dans ces seuls établissements le 11 novembre, annule son mot d’ordre et appelle à manifester à l’Etoile. Cette manifestation a été l'objet, dans le contexte de la guerre froide, d'une controverse entre communistes et non communistes quant à la paternité de son initiative et de son organisation.
  •  « Interrogés au milieu des années 1970, François Lescure et Claude Bellanger s’accordèrent tous deux sur l’impossibilité de déterminer « qui » a appelé le premier à manifester à l'ÉtoiIe le 11 novembre 1940. C'était dans l'air, après la manifestation du 8 novembre précédent, elle, sans conteste, à l'initiative des Etudiants communistes". Le 11 novembre, à 17 heures, 500 à 1000 lycéens et étudiants se retrouvèrent sur les Champs Elysées en direction de l’Etoile : là, ils se retrouvèrent face à l'armée allemande, qui tira. Rien ne permet aujourd’hui de dire qu'il y eut 6, 7 ou 11 morts, comme le titra la presse clandestine » (Jacques Varin).
  •  « Interrogés au milieu des années 1970, François Lescure et Claude Bellanger s’accordèrent tous deux sur l’impossibilité de déterminer « qui » a appelé le premier à manifester à l'ÉtoiIe le 11 novembre 1940. C'était dans l'air, après la manifestation du 8 novembre précédent, elle, sans conteste, à l'initiative des Etudiants communistes". Le 11 novembre, à 17 heures, 500 à 1000 lycéens et étudiants se retrouvèrent sur les Champs Elysées en direction de l’Etoile : là, ils se retrouvèrent face à l'armée allemande, qui tira. Rien ne permet aujourd’hui de dire qu'il y eut 6, 7 ou 11 morts, comme le titra la presse clandestine » (Jacques Varin).
  • Note 4 : Le 20 novembre, deux étudiants, Gisèle Vallepin et Jean Comère sont surpris en train de glisser des tracts dans des livres à la bibiothèque Mazarine. Ils sont arrêtés, inculpés d’infraction au décret du 26 novembre 1939 et écroués au Dépôt le 21 novembre 1940.
  • Note 5 : La « Brigade spéciale des Renseignements généraux » remonte à la « Drôle de guerre », en mars 1940, quand la lutte anti-communiste était d’autant plus à l’ordre du jour que le PCF était interdit. La structure ne fut réactivée pleinement qu’à l’été 1941 pour répondre à l’engagement des communistes dans la lutte armée. En théorie elle était rattachée à la Première section des RG, en charge de la surveillance de l’extrême gauche. Dans les faits, elle était sur un pied d’égalité (…). Si toutes les forces de police furent mobilisées peu ou prou dans ce que (le directeur de la police municipale) Hennequin appela une « lutte à mort », c’est la Brigade spéciale des RG qui joua un rôle central (…). En janvier 1942, elle fut même dédoublée, la BS2 étant plus spécialement chargée de la « lutte anti-terroriste ». (Denis Peschanski, « La confrontation radicale. Résistants communistes parisiens vs Brigades spéciales »), oai:hal.archives-ouvertes.fr:hal-00363336).
  • Note 6 : Le 19 juillet 1941, José Roig est fusillé pour avoir « prononcé des paroles injurieuses pour l’armée allemande ». Le 24 juillet 1941 le jeune ouvrier André Masseron est fusillé pour avoir manifesté le 14 juillet.
Sources
  • © Photos tirées du cahier central de Pierre Daix « Dénis de Mémoire », collection Témoins, Gallimard.
  • Jean Maitron, Dictionnaire biographique du Mouvement ouvrier, tome 41, page 375. Lettre de son frère : Claude Souef (décembre 1988).
  • Lettres de Marie-Elisa Cohen (mai 1882) et de Francis Cohen (1er mai 1982).
  • Article de Francis Cohen dans « La Nouvelle critique » de septembre 1968 : "Les étudiants communistes, le 11 novembre 1940".
  • © Appel manuscrit pour le 11 novembre 1940 (MRN Champigny).
  • Albert Ouzoulias (avril-mai 1982) lettres et mention dans son ouvrage : "Les Bataillons de la Jeunesse" p. 60.
  • Jacques Varin, Les étudiants communistes, des origines à la veille de Mai 1968, matériaux sur l’histoire de notre temps, n° 24, pages 37/49.
  • Pierre Daix « J’ai cru au matin », page 44.
  • Pierre Daix « Dénis de Mémoire » pages 66 à 68, collection Témoins, Gallimard.
  • Archives de la Préfecture de police, Cartons occupation allemande, BA 2374. 
  • Carton Brigades Spéciales des Renseignements généraux (BS1), par dérogation aux Archives de la Préfecture de police de Paris.
  • Claude Souef, notes sur Royallieu
  • Témoignages de "45000" : Georges Brumm et Henri Mathiaud.
  • Jardin du Luxembourg « hommage aux étudiants morts dans la Résistance ». Le monument érigé en 1956, œuvre du sculpteur Gaston Watkin s’est inspiré du Chant des Partisans. Le monument représente le symbole de « l'union salvatrice et du sacrifice de la jeunesse française». © Photo Pierre Cardon.
  • © Site Internet Légifrance.gouv.fr
  • © Site Internet WWW. Mortsdanslescamps.com
Biographie installée en septembre 2012, par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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