L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


MAPATAUD Georges, Marcel



Georges Mapataud est né le 9 juin 1922 à Paris (13ème). Il est le fils de Catherine Mapataud, ouvrière mécanicienne. Son père est décédé sans avoir reconnu ses quatre enfants (Georges a trois sœurs). Célibataire, il habite chez sa mère au 12 rue des Caillotins à Créteil (Seine / Val-de-Marne) au moment de son arrestation.
Il travaille comme journalier (manœuvre spécialisé) à Bonneuil-sur-Marne.
Il est membre des jeunesses communistes de Créteil. Les JC « se réunissaient souvent au café « le poisson rouge » le bien nommé, avant leurs affrontements avec les héritiers des « Camelots du Roy » de « l’Action Française », écrit René Besse qui était membre du même cercle de la jeunesse communiste.
Fin septembre 1940, Paul Hervy ancien secrétaire des Jeunesses communistes de Créteil fait alors le tour des anciens adhérents : ils se retrouvent à six « à vouloir continuer (…), poursuivre l’action désormais clandestine » (René Besse).
Outre Paul Hervy, il y a là René Besse, Guy Camus, Raymond Le Bihan, Georges Mapataud et Roger Mènielle (ils seront tous déportés avec lui à Auschwitz), Marguerite Camus et Raymond Labadie (déporté au Struthoff). Ils vont manifester par tracts et affiches leur opposition à l'occupation. Les tracts sont tapés par Marguerite Camus et imprimés sur la ronéo cachée dans le pavillon chez le cousin de René Besse, Jean Vial, dit « Julot ». Raymond Labadie écrit en 2010 « les jeunes Résistants ne se méfient pas assez et diffusent leurs tracts à dates et heures fixes, au risque d’être arrêtés comme Georges Mapataud qui sera déporté ».
Georges Mapataud est arrêté le 10 octobre 1940 en même temps que Roger Mènielle pour « propagande communiste ». Emmené à la gendarmerie de Créteil, il est inculpé d’infraction au décret du 26 septembre 1939 (interdisant le Parti communiste), et il est écroué le 13 octobre à la Maison d’arrêt de la Santé. Le lendemain, comme Roger Mènielle, la 12ème chambre du tribunal correctionnel de la Seine le condamne à six mois de prison. Georges Mapataud est transféré à Fresnes le 26 octobre.
Ayant moins de 20 ans, il est libéré à la date d'expiration normale de sa peine d'emprisonnement, sans être placé dans un camp d’internement.

Il est arrêté une deuxième fois le 28 avril 1942 : ce jour là une rafle est effectuée par l’Occupant dans tout le département de la Seine. Lire La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942). Suivant cette politique des otages, les autorités d’occupation ordonnent l’exécution d’otages déjà internés et arrêtent 387 militants, qui avaient déjà été arrêtés une première fois par la police française pour « activité communiste » depuis l’armistice et libérés à l’expiration de leur peine. Il s’agit de représailles ordonnées à la suite d’une série d’attentats à Paris (le 20 avril un soldat de première classe est abattu au métro Molitor, deux soldats dans un autobus parisien, le 22 avril un militaire est blessé à Malakoff).
Georges Mapataud est  interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122). Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Georges Mapataud est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les Judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Son numéro d’immatriculation lors de son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 est inconnu. Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschshwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. Le numéro « 45824 ? » figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 correspondait à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Ce numéro, quoique plausible, ne saurait être considéré comme sûr en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Il ne figure plus dans mon ouvrage Triangles rouges à Auschwitz.

La porte d'entrée du camp (Musée d'Auschwitz)
Georges Mapataud meurt à Auschwitz le 19 septembre 1942 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 3 page 775). Il convient de souligner que cent quarante-huit «45000» ont été déclarés décédés à l’état civil d’Auschwitz les 18 et 19 septembre 1942, ainsi qu’un nombre important d’autres détenus du camp enregistrés à ces mêmes dates. D’après les témoignages des rescapés, ils ont tous été gazés à la suite d’une vaste sélection interne des inaptes au travail, opérée dans les blocks d’infirmerie. Lire 80 % des 45000 meurent dans les 6 premiers mois, pages 126 à 129 in Triangles rouges à Auschwitz.
La mention «Mort en déportation» est apposée sur son acte de décès, arrêté du 14 septembre 1994, paru au Journal Officiel du 21 octobre 1994. 
Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Bonneuil-sur-Marne.
Sources

  • ·         Death Books from Auschwitz (registres des morts d'Auschwitz), Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres (incomplets) des certificats de décès établis au camp d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • ·         Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en juin 1992.
  • ·         Photo mairie: 12 août 1992.
  • ·         Raymond Labadie in « CreteilSeRaconte », avril 2010.
  • ·         © Site Internet Mémorial-GenWeb.
  • ·         © Site Internet Légifrance.gouv.fr
  • ·         © Site Internet WWW. Mortsdanslescamps.com
Biographie installée en août 2012, par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.*Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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