L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


ROUX Gaston, Paul, Auguste


Matricule "46083" à Auschwitz

Gaston Roux est né le 24 mai 1906 à Dourdan (Seine-et-Oise / Essonne). Il habite au 89 rue Mirabeau à Ivry-sur-Seine (Seine / Val-de-Marne) au moment de son arrestation. Il est marié. Il travaille comme mécanicien.
Nous n’avons pas d’informations concernant les faits qui amènent à son arrestation (1). 
Si le Maitron, dictionnaire du Mouvement ouvrier, mentionne un Gaston Roux ancien de la Légion étrangère volontaire en Espagne républicaine et combattant dans les rangs des Brigades internationales, il est peu vraisemblable qu’il s’agisse du même militant. En effet ce dernier était domicilié à Paris (XIVème arrondissement) et, par ailleurs, le parcours des anciens Brigadistes parisiens arrêtés pendant l’Occupation passait par la prison des Tourelles (or ce n’est le cas de Gaston Roux, d’Ivry).
On ignore la date d’arrestation de Gaston Roux d'Ivry, mais on sait qu’il est interné administrativement au camp au camp français de Rouillé (2) le 10 novembre 1941 (le Préfet de la Seine, Charles Paul Magny, a signé l’arrêté le 6 novembre). Début mai 1942, les autorités allemandes adressent au directeur du camp de Rouillé, une liste de 187 internés qui doivent être transférés au camp allemand de Compiègne (Frontstalag 122). 
Le nom de Gaston Roux (n°162) y figure. 
C’est avec un groupe d’environ 160 internés (3) qu’il arrive au camp de détention de Royallieu, à Compiègne (Oise - 60), gardé par la Wehrmacht le 22 mai 1942. La plupart d’entre eux seront déportés à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet.  Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Gaston Roux est déporté depuis Compiègne dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages, composé pour l’essentiel de plus d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et militants syndicalistes la CGT pour la plupart) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz), faisait partie des mesures de représailles, ordonnées par Hitler, pour combattre en France les actions de résistance armée organisées par les communistes à partir de juillet 1941 et dont il rendait responsables les « milieux judéo-bolcheviks ». Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Il est enregistré à Auschwitz sous le numéro « 46083 » selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz. Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. Sa photo d’immatriculation à Auschwitz a été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Gaston Roux est mentionné comme présent au Revier (infirmerie) d’Auschwitz en 1942. Il meurt à Auschwitz le 8 août 1942, d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 3 page 1031 et © Mémorial et Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau).
La mention Mort en déportation est apposée sur son acte de décès (arrêté du 16 octobre 1998 paru au Journal Officiel du 27 janvier 1999.
  • Note 1 : Deux militants d’Ivry sont arrêtés sur ordre des renseignements généraux le 29 octobre.
  • Note 2 : Le camp d’internement administratif de Rouillé (Vienne) est ouvert le 6 septembre 1941, sous la dénomination de «centre de séjour surveillé», pour recevoir 150 internés politiques venant de la région parisienne, c’est-à-dire membres du Parti Communiste dissous et maintenus au camp d’Aincourt depuis le 5 octobre 1940. D’autres venant de prisons diverses et du camp des Tourelles. Il a été fermé en juin 1944. In site de l’Amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé.
  • Note 3 : Dix-neuf internés de cette liste de 187 noms ont été soit libérés, soit transférés dans d’autres camps, ou sont hospitalisés. Trois se sont évadés. Cinq d’entre eux ont été fusillés.
Sources

  • Ivry fidèle à la classe ouvrière et à la France, supplément au numéro 1319 du Travailleur d’Ivry brochure, 120 pages, Ivry, 1977 :
  • Death Books from Auschwitz (Registres des décès d’Auschwitz), ouvrage publié par le Musée d’Etat (polonais) d’Auschwitz-Birkenau en 1995.
  • Archives de Caen du ministère de la Défense (archives du ministère des Anciens combattants et victimes de guerre (Liste des détenus ayant été soignés à l’infirmerie d’Auschwitz).
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre.
  • © Fiches de police des commissariats d’Ivry et Vitry. Musée de la Résistance Nationale : mes remerciements à Céline Heytens. 
  • Photo d'immatriculation à Auschwitz : Musée d'état Auschwitz-Birkenau / collection André Montagne. 
Biographie installée en juillet 2012, par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

Aucun commentaire: