L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


NICOLAI Jean, Simon, César



Jean Nicolaï est né le 30 avril 1921 à Paris (14ème). Il est le fils d’Elise Dufois et de Jacques Nicolaï.
Il habite au 225, rue d'Alésia à Paris (14ème) au moment de son arrestation. Il est célibataire et fait ses études à l’Ecole d’administration des Ponts et chaussées.
Sportif, il est adhérent à l'Union Athlétique Jean Jaurès (UAJJ) club affilié à la FSGT-USGT du 14ème arrondissement.
Il donne son adhésion aux Jeunesses communistes "dans l'illégalité", pendant l'Occupation, et se joint au groupe des jeunes communistes des 14ème et 15ème arrondissements (voir René Deslandes).
Il est arrêté le 18 décembre 1940 pour activité communiste et enfermé à la Santé, lire le Le procès des "JC" des 14ème  et 15ème arrondissements de Paris
Jean Nicolaï, lors des auditions et confrontations nie avoir dactylographié les tracts intitulés « Union des comités populaires des jeunes chômeurs de Paris » et avoir remis à Jean Christian des tracts intitulés « le triomphe de la canaille ». Le jugement a lieu le 1er mars 1941 au tribunal de première instance du département de la Seine, police correctionnelle, 15ème chambre. Jean Nicolaï est condamné à 3 mois d'emprisonnement. Ses avocats sont maîtres Hajje (33 boulevard St Jacques à Paris XIVème) et Pontarelli (cabinet au 50 rue de l’Hôpital à Paris XIIIème). Sa peine étant couverte par sa détention préventive, il est transféré à la Maison d’arrêt de Fresnes pour sa levée d’écrou. Il est libéré le 18 mars 1941. En septembre 1941, il travaille à la Société industrielle des téléphones.
Jean Nicolaï est arrêté à nouveau le 28 avril 1942 avec deux de ses co-inculpés du procès du 1er mars 1941 (Paul Gianni et Jean Christian). Ce jour là une rafle est effectuée par l’occupant dans tout le département de la Seine. Lire La politique allemande des otages (août 1941 - octobre 1942). Suivant cette politique des otages, les autorités d’occupation ordonnent l’exécution d’otages déjà internés et arrêtent 387 militants, qui avaient déjà été arrêtés une première fois par la police française pour activité communiste depuis l’armistice et libérés à l’expiration de leur peine. Il s’agit de représailles ordonnées à la suite d’une série d’attentats à Paris (le 20 avril un soldat de première classe est abattu au métro Molitor, deux soldats dans un autobus parisien, le 22 avril un militaire est blessé à Malakoff).
Il est transféré le soir même  au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122). Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Jean Nicolaï est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les Judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.

Son numéro d’immatriculation lors de son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 est inconnu. Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. Le numéro "45923 ?" figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 correspond à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Ce numéro, quoique plausible, ne saurait être considéré comme sûr en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Il ne figure plus dans mon ouvrage Triangles rouges à Auschwitz.
Jean Nicolaï meurt à Auschwitz le 9 octobre 1942 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz, Tome 3 page 861).
La mention Mort en déportation est apposée sur son acte de décès (arrêté du 15 juin 1995 paru au Journal Officiel du 28 juillet 1995). Cet arrêté porte une mention erronée : décédé en mars 43 à Auschwitz. Il serait souhaitable que le ministère prenne désormais en compte par un nouvel arrêté la date portée sur son certificat de décès de l’état civil d’Auschwitz, accessible depuis 1995 (Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau). Lire dans le blog l’article expliquant les différences de dates entre celle inscrite dans les «Death books» et celle portée sur l’acte décès de l’état civil français) Les dates de décès des "45000" à Auschwitz.

Sources

André Deslandes
  • Recherches faites aux archives de la préfecture de police par André Deslandes pour la mémoire de son frère René Deslandes et des jeunes communistes des 14ème et 15ème arrondissements.
  • Revue d'Histoire du 14ème arrondissement de Paris, n° 29 (1984-85).
  • Death Books from Auschwitz (registres des morts d'Auschwitz), Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres (incomplets) des certificats de décès établis au camp d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en octobre 1993.
Biographie installée en juillet 2012, par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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