L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


CHRISTIAN, Adolphe, Jean



Jean Christian est né le 13 décembre 1921 à Paris (15ème). Il  habite au 54 rue Olivier de Serres à Paris (15ème).
Célibataire, il est aide-mécanicien, au chômage au moment de son arrestation.
On sait par les procès verbaux d’interrogatoire du commissariat du 15ème, qu’il fait partie depuis septembre 1940 d’un groupe de quatre jeunes communistes « placés sous l’autorité de Jeannine Gagnebin, à savoir Nicolaï, Paul Gianni et lui-même ».
Il est arrêté le 15 décembre 1940, en flagrant délit de collage de papillons rue des Volontaires, par des agents cyclistes du commissariat Saint-Lambert du 15ème arrondissement. Lire dans le blog les détails du procès des "JC" des 14ème  et 15ème arrondissements de Paris.
Jean Christian est incarcéré à la Santé le 19 décembre 1940. Il est jugé avec ses co-inculpés le 1er mars 1941 au tribunal de 1ère instance du département de la Seine, police correctionnelle, 15ème chambre. Il est condamné à 6 mois de prison. Il est libéré en mai 1941, une fois sa peine effectuée. Il est exclu des Jeunesses communistes pour avoir collaboré avec la police.
Il s'engage alors comme volontaire pour travailler en Allemagne le 25 septembre 1941 (archives BAVCC). A son retour en France, il est arrêté à nouveau le 28 avril 1942 avec deux de ses co-inculpés du procès du 1er mars 1941 (Paul Gianni et Jean Nicolaï). Ce jour là une rafle est effectuée par l’occupant dans tout le département de la Seine. Lire La politique allemande des otages (août 1941 -octobre 1942).
En application de la « politique des otages », le Commandant militaire en France ordonne l’exécution d’otages déjà internés et arrêtent 387 militants, généralement arrêté une première fois par la police française pour activité communiste depuis l’armistice et libérés à l’expiration de leur peine. Il s’agit de représailles ordonnées à la suite d’une série d’attentats à Paris (le 20 avril un soldat de première classe est abattu au métro Molitor, deux soldats dans un autobus parisien, le 22 avril un militaire est blessé à Malakoff).
Jean Christian est transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) où il reçoit le matricule n° 4081. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Jean Christian est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les Judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Son numéro d’immatriculation lors de son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 est inconnu. Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschshwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. Le numéro "45686 ? " figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 correspondait à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Ce numéro, quoique plausible, ne saurait être considéré comme sûr en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Il ne figure plus dans mon ouvrage « Triangles rouges à Auschwitz ».
On ignore la date exacte de sa mort.
  • Note : Il y a eu inversion dans les PV d’interrogatoires de son prénom et de son nom : il y est appelé Christian Jean.
Sources

Bureau des archives des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (dossier individuel consulté).
Recherches faites pendant des années aux archives de la police par André Deslandes sur le procès des 1940 des Jeunes communistes des 14ème et 15ème arrondissements, pour la mémoire de son frère René Deslandes et des jeunes communistes des 14ème et 15ème
 © Photo de la porte d’entrée du camp d'Auschwitz : Musée d’Auschwitz-Birkenau.
Biographie installée en juillet 2012, par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie


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