L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


CORA Georges, André



Georges Cora est né le 19 décembre 1921 à Paris 20ème. Il habite au 52 boulevard Mortier à Paris (20ème). Il est célibataire et vit avec sa mère, Marcelle Tinot. Il est imprimeur de métier. Il adhère aux Jeunesses communistes en 1938 et reste un militant actif après l’interdiction des organisations communistes en septembre 1939.  Sans travail fin novembre 1940, Georges Cora retrouve un emploi dans une usine de  métallurgie.
Il est arrêté le 21 décembre 1940 au domicile de sa mère, pour "activité communiste" en application du décret du 26 septembre 1939 pour distribution de tracts communistes (note blanche des Renseignements généraux). Selon l’enquête administrative diligentée en 1955 (1) pour l’attribution du titre de Déporté politique, « il recevait des paquets de tracts et participait aux réunions clandestines du Parti communiste ».
Georges Cora est emprisonné à la Santé le 22 décembre 1941. Transféré au Dépôt de la Préfecture, le 11 mai 1941, il est condamné le jour-même par la 15ème chambre correctionnelle de Paris à 6 mois de prison. Il est relaxé le lendemain «après avoir été admonesté».
Georges Cora est de nouveau arrêté le 28 avril 1942 et transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), le 28 avril. Son arrestation a lieu dans le cadre de la rafle organisée ce jour-là par l’occupant dans tout le département de la Seine, à la suite d’une série d’attentats à Paris (le 20 avril un soldat de première classe est abattu au métro Molitor, deux soldats dans un autobus parisien, le 22 avril un militaire est blessé à Malakoff). Les autorités d’occupation ordonnent alors l’exécution d’otages et procèdent à une rafle en région parisienne (387 arrestations) qui touche pour l’essentiel des militants arrêtés une première fois par la police française pour activité communiste depuis l’armistice et libérés à l’expiration de leur peine. Ils sont vraisemblablement destinés à la déportation comme otages. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Il est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les Judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Son numéro d’immatriculation lors de son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 est inconnu. Le numéro "45395 ?" figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 correspondait à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Ce numéro, quoique plausible, ne saurait être considéré comme sûr en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Seule la reconnaissance, par un membre de sa famille ou ami de la photo d’immatriculation publiée au début de cette biographie pourrait désormais en fournir la preuve.
Georges Cora meurt à Auschwitz le 21 octobre 1942 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 185 et © Mémorial et Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau).
Georges Cora est homologué comme Déporté politique le 7 février 1949 (Carte délivrée à sa mère, Marcelle Tinot à Paris 14ème.) Il est homologué comme soldat au titre de la Résistance intérieure française.
La mention Mort en déportation est apposée sur son acte de décès (arrêté du 12 novembre 1987 paru au Journal Officiel du 26 février 1988). Cet arrêté porte néanmoins une date erronée : décédé le 15 décembre 1942 à Auschwitz, établie par le ministère des Anciens combattants à la Libération à partir des témoignages de deux de ses camarades rescapés (Etienne Pessot et Lucien Matté). Il serait souhaitable que le ministère prenne désormais en compte par un nouvel arrêté la date portée sur son certificat de décès de l’état civil d’Auschwitz, accessible depuis 1995 (Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau).


  • Note 1 : Cette enquête a repris le dossier De Brinon du 19 janvier 1943 : de nombreuses familles de «45000» ont adressé des demandes de renseignements aux services administratifs de Vichy, lesquels ont transmis les résultats de leurs enquêtes à François de Brinon, représentant le gouvernement français auprès du Haut-Commandement allemand dans le Paris de l’Occupation (il est nommé le 5 novembre 1940 ambassadeur de France auprès des Allemands, puis le 17 novembre suivant «délégué général du gouvernement français dans les territoires occupés»).
Sources 
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres (incomplets) des certificats de décès destinés à l’état civil d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en octobre 1993 et BAVCC, dossier individuel consulté en 1994.
    © Photo de la porte d’entrée du camp d'Auschwitz : Musée d’Auschwitz-Birkenau.
    © Site Internet Légifrance.gouv.fr
    Photo d'immatriculation à Auschwitz : Musée d'état Auschwitz-Birkenau / collection André Montagne.
    © Mémorial de la Shoah, Centre de documentation juive contemporaine (CDJC). Paris IVème.
Biographie installée et complétée en juin 2012 (rédigée en 2003), par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942, Editions Autrement, 2005 Paris et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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