L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


CHABOT Marcel


Marcel Chabot à Auschwitz
Matricule "45349" à Auschwitz

Marcel Chabot est né le 5 février 1900 dans le village de Chez-Jeannet au domicile de ses parents commune de Saint-Séverin (Charente). Il habite au 53 rue Jean Allemane à Nanterre (Seine / Hauts-de-Seine) au moment de son arrestation.
Il est le fils de Marie Bayonne, 23 ans, cultivatrice et de Charles Chabot, 25 ans, cultivateur, son époux.
Au moment du conseil de révision, Marcel Chabot  habite La Couronne, au sud d’Angoulême. 
Papeterie Kieffer
Il travaille comme ouvrier papetier aux papeteries Kieffer. Son registre matricule militaire indique qu’il mesure 1m 66, a les cheveux blonds foncé, les yeux marron foncé, le front vertical, le nez rectiligne et le visage rond.
Il a un niveau d’instruction « n°2 » pour l’armée (sait lire et écrire).
Conscrit de la classe 1920, il est incorporé au 119ème Régiment d’infanterie le 7 avril 1921. Nommé soldat de 1ère classe le 19 septembre 1921, Marcel Chabot est envoyé en congé de disponibilité le 26 septembre 1922 en attendant son passage dans la réserve, le 1er octobre 1922, « certificat de bonne conduite » accordé. Il se retire à La Couronne.
Il épouse Louise, Renée Michelot à La Couronne, le 28 avril 1923. Le couple aura deux enfants.
Papeteries de la Seine / Nanterre
Puis ils viennent s’installer à Nanterre, où Marcel Chabot a trouvé du travail aux Papeteries de la Seine. En janvier 1933 le couple habite 14 impasse du Gymnase à Nanterre. En juillet 1933, ils ont déménagé au 53 rue de Chatou, puis par la suite au 53 rue Jean Allemane.
A la déclaration de guerre, Marcel Chabot  est mobilisé le 9 septembre 1939. Il est affecté à la compagnie de travailleurs militaires, rattaché au dépôt d’artillerie n°9 le 19 avril 1940.
Marcel Chabot est arrêté fin 1941. Après son arrestation, le préfet de police de Paris, Charles Paul Magny, signe un arrêté ordonnant son internement administratif, le 8 novembre 1941. Le 10 novembre 1941, après avoir été écroué au Dépôt de la préfecture de Paris, il est interné avec un groupe de 57 autres militants communistes parisiens au “centre de séjour surveillé” (CCS) de Rouillé (1). Début mai 1942, les autorités allemandes adressent au directeur du camp de Rouillé une liste de 187 internés qui doivent être transférés au camp allemand de Compiègne (Frontstalag 122). Le nom de Marcel Chabot (n°49) y figure. C’est avec un groupe d’environ 160 internés (2) qu’il arrive à Compiègne le 22 mai 1942. La plupart d’entre eux seront déportés à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Marcel Chabot est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Lire dans le blog : Les wagons de la Déportation.
Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les Judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport :  Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Le 8 juillet 1942, immatriculation
Marcel Chabot est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro «45349» selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz et consultable in © Mémorial et Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau. Il se déclare ouvrier agricole et de religion catholique. Lire dans le blog le récit de son  premier jour à Auschshwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942.
Marcel Chabot meurt à Auschwitz le 22 août 1942, d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 162 et © Mémorial et Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau).
La mention Mort en déportation est apposée sur son acte de décès (arrêté du 6 octobre 1987 paru au Journal Officiel du 20 novembre 1987. Cet arrêté porte néanmoins une mention erronée : décédé le 15 octobre 1942 à Auschwitz. Il serait souhaitable que le ministère prenne désormais en compte par un nouvel arrêté la date portée sur son certificat de décès de l’état civil d’Auschwitz, accessible depuis 1995 (Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau et consultable sur le site  © Mémorial et Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau). Lire dans le blog l’article expliquant les différences de dates entre celle inscrite dans les «Death books» et celle portée sur l’acte décès de l’état civil français) Les dates de décès des "45000" à Auschwitz.
Marcel Chabot est homologué "Déporté politique". Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Nanterre et sur le monument aux martyrs de la déportation et de la résistance, avenue Frédéric et Irène Joliot-Curie, parc André Malraux
  • Note 1 : Le camp d’internement administratif de Rouillé (Vienne) est ouvert le 6 septembre 1941, sous la dénomination de «centre de séjour surveillé», pour recevoir 150 internés politiques venant de la région parisienne, c’est-à-dire membres du Parti Communiste dissous et maintenus au camp d’Aincourt depuis le 5 octobre 1940. D’autres venant de prisons diverses et du camp des Tourelles. Il a été fermé en juin 1944. In site de l’Amicale de Chateaubriant-Voves-Rouillé.
  • Note 2 : Dix-neuf internés de cette liste de 187 noms ont été soit libérés, soit transférés dans d’autres camps, ou sont hospitalisés. Trois se sont évadés. Cinq d’entre eux ont été fusillés.
Sources  
  • Liste XLI 42, N° 49 (CDJC).
  • Mairie de Nanterre, liste de déportés (1992).
  • Acte de décès, ACVG, avril 1992.
  • Death Books from Auschwitz (registres des morts d'Auschwitz), Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres (incomplets) des certificats de décès établis au camp d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • © Photo de la porte d’entrée du camp d'Auschwitz : Musée d’Auschwitz-Birkenau.
  • © Site Internet Mémorial-GenWeb.
  • © Archives en ligne des Charentes. Etat civil et Registres matricules militaires.
Biographie installée en juin 2012 et complétée en 2015 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.  

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