L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


CHOPIN Roger, Eugène, Désiré



Roger Chopin en 1940


45370

Roger Chopin est né le 15 août 1923 à Plailly, dans l’arrondissement de Senlis (Oise). Il est le fils de Jeanne Désirée Mesnil, 21 ans, et de Marcel Chopin, 23 ans, son époux, cordonnier. Son frère Pierre nait à Plailly en 1928. 
Il va à l’école à Plailly. Sa mère, après son divorce s’est remariée le 7 mai 1932 avec Lucien Lasne, 32 ans, enquêteur à la ville de Vitry. Roger Chopin a un demi-frère, Jacques, né en 1933.




Ecolier à Plailly (Oise)
Roger Chopin est célibataire. Il est mouleur à la Fonderie Technique de Vitry, où travaille également Daniel Germa (45594). Il habite au 15 voie Monsigny à Vitry-sur-Seine (Seine / Val-de-Marne) au moment de son arrestation.


Avec sa mère et Pierrot
Licence d'amateur débutant 1940
Roger Chopin est un sportif passionné de vélo, et amateur première années de course en 1941 au Vélo Club Arcueil-Cachan (club affilié à l’Union Vélocipédique de France). 

Chez son grand-père








Dans le Loiret avec sa mère et Jacques
Membre des Jeunesses communistes clandestines, Il est arrêté par la police française le 2 mars 1941 après une distribution de tracts et un collage d'affichettes dans le quartier du plateau à Vitry. Il est condamné à 6 mois de prison avec sursis en raison de sa jeunesse (il n’a pas 18 ans). Ecroué à Fresnes, il est relaxé le 21 mai 1941. Il poursuit ses activités clandestines, en distribuant des tracts appelant à la lutte contre l’Occupant  (attestation de Marcel Mugnier).
Le 28 avril 1942, il est arrêté à son domicile avec un groupe de 14 militants de Vitry (1), et interné à Compiègne le jour même. Il s’agit d’une rafle organisée par l’occupant dans tout le département de la Seine, en répression à l’attentat de Paris du 20 avril (2). Les autorités d’occupation ordonnent l’exécution d’otages. Cette rafle (387 militants) touche un grand nombre de militants arrêtés une première fois par la police française pour activité communiste depuis l’armistice et libérés à l’expiration de leur peine.
Au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), Roger Chopin est affecté au bâtiment C1, avec le numéro matricule 4038.
Roger Chopin écrit plusieurs lettres à sa mère (21 mai, 4, 11, 16 et 18 juin), remplies de courage et d'humour, demandant des nouvelles des «petiots», espérant qu’elle aura reçu des nouvelles de son père, fait prisonnier en 1940 (il est détenu au Stalag III B de Fürstenberg am Oder).
Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à la déportation de 14 vitriots, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».

Roger Chopin est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les Judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Roger Chopin est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942. Il n’existe pas de document permettant de connaître son numéro matricule. Cependant, les similitudes entre les photos d’avant-guerre de Roger Chopin et la photo d’immatriculation correspondant au numéro. «45370», sont parlantes et permettent de confirmer le numéro que je lui avait attribué de manière hypothétique en tenant compte de l’ordre alphabétique des listes composant ce convoi.
Aucun document des archives SS préservées de la destruction ne permet de connaître la date de la mort de Roger Chopin à Auschwitz. Le ministère des Anciens combattants a fixé de manière fictive son décès à la date du départ du convoi, le 6 juillet 1942.
Il est déclaré Mort pour la France le 16 janvier 1956. Il est homologué au grade d'Adjudant le 9 novembre 1948 (n° 5648) au titre du Front national.
La municipalité de Vitry remet aux cyclo-crossmen de Vitry une coupe à la mémoire de Roger Chopin le 11 juin 1953.
Selon Le Maitron, sa mère devint directrice technique du patronage municipal de Vitry, puis secrétaire administrative de France-URSS. Son mari, Lucien Lasne, était employé communal à Vitry-sur-Seine.
  • Note 1 : Ils sont tous arrêtés le 27 ou le 28 avril 1941 à partir des fiches établies en octobre 1940 par le commissariat de Vitry (lire l’article du blog Le rôle de la police française dans les arrestations des «45000» de Vitry) : il s’agit majoritairement d’ouvriers communistes ou militant aux «Amis de l’URSS», deux sont conseillers municipaux communistes : Bonnefoix Lucien, Bournigal Georges XX, Brahim Georges X, Bretonneau Louis XX, Brice XX, Calavia Félix XX, Crespo José XX, Darras Louis XX, Delbos Julien, Tarquis Gabriel X, Tavert  Antoine XX, Talout Robert X, Tortel Maurice XX, Tremblay Edouard XX. Voir dans l’article précité la signification des croix X, XX, XX.
  • Note 2 : Le 20 avril 1941, un soldat de première classe est abattu au métro Molitor, deux soldats dans un autobus parisien, et le 22 avril un militaire est blessé à Malakoff).
Sources
  • © Fiches de police du commissariat de police de Vitry. Musée de la Résistance Nationale (mes remerciements à Céline Heytens).
  • Lettre de sa mère (8 mai 1973) à José Martin. 
  • Photographies confiés à José Martin, frère d’Angel Martin, par la mère de Roger Chopin (1973), et remis à Roger Arnould.
  • Lettre annonçant la création de la Coupe cycliste : 8 juin 1953
  • Documents : Cartes et attestations du Front National, Livret de famille
  • Certificat du camp de Compiègne
  • Lettres de Compiègne, quasi illisibles (mauvaise qualité de la photocopie).
  • Avis de transfert daté du 16 juillet 42.    
  • Attestation signée le 12 novembre 1954 par Marcel Mugnier, liquidateur national du Front de Lutte pour la Libération et l’indépendance de la France, chevalier de la Légion d’honneur, Croix de guerre avec palme, rosette de la Résistance.
  • Brochure : La Résistance à Vitry, sans date.
  • De l’occupation à la Libération, témoignages et documents, brochure éditée par la Ville de Vitry, pour le 50ème anniversaire de la Libération, Paillard éd. 1994.  
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres (incomplets) des certificats de décès destinés à l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen.
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • © Site Internet «Mémorial-GenWeb».
  • © Fiches de police des commissariats d’Ivry et Vitry. Musée de la Résistance Nationale : mes remerciements à Céline Heytens.
  • Photo d'immatriculation à Auschwitz : Musée d'état Auschwitz-Birkenau / collection André Montagne.
  • © Archives en ligne de Vitry.
Biographie installée et complétée en avril 2012 (rédigée en 2003), par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942», Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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