L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


PAULIN André, Paul, Maurice



45953

André Paulin est né le 22 juin 1924 à Craon (Mayenne). Il habite au moment de son arrestation au 2 bis rue de Sèvres, devenue rue Paul Vaillant-Couturier, à Clamart (Seine / Hauts-de-Seine). Il est chaudronnier.
Jeune militant communiste, il est arrêté le 21 avril 1941 pour "activités communistes" (fiche au BAVCC). On ignore son sort entre le 21 avril et le 2 juillet 1941 : à cette date il est écroué à la prison de la Santé. Il est jugé et condamné le 21 août 1941, par le tribunal de la 15ème chambre correctionnelle à 4 mois de prison - en application des décrets du 26 septembre 1939 portant interdiction des organisations communistes. Il est incarcéré à la prison de Fresnes à partir du 2 septembre 1941. A l’expiration de sa peine, il n’est pas libéré(1), mais interné le 9 octobre 1941, sur décision du préfet de police de Paris, François Bard, au Centre de «séjour surveillé»  de Rouillé(2) avec 60 communistes de la région parisienne (40 détenus venant du dépôt de la Préfecture de Police de Paris et 20 autres venant de la caserne des Tourelles). Le 9 Février 1942, il est parmi les 52 internés du CSS de Rouillé transférés à la demande des autorités allemandes au camp de Compiègne-Royalieu, (Frontstalag 122). Trente-sept d’entre eux seront déportés à Auschwitz).

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
André Paulin est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «Judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro «45953», selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz (Mémorial et Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau).
André Paulin meurt le 27 septembre 1942 à Auschwitz d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz et destiné à l’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in © Mémorial et Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau, avec le prénom d’Andri).
Si l’arrêté ministériel du 4 janvier 1996 portant apposition de la mention «Mort en déportation» sur son acte de décès et paru au Journal Officiel du 8 mars 1997, a reconnu sa mort en déportation en modifiant sa date de décès «décédé le 11 juillet 1942, à Auschwitz (Pologne) et non le 6 juillet 1942 à Compiègne (Oise)», il est regrettable que le ministère n’ait pas pris en compte la date du certificat de décès établi au camp d’Auschwitz, accessible depuis 1995.
André Paulin est homologué "Déporté politique". La carte est délivrée à Mme Alice Paulin. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la commune.
  • Note 1 : Classée «secret», la circulaire n°12 du 14 décembre 1939, signée Albert Sarraut, ministre de l’Intérieur, fixe les conditions d’application du décret du 18 novembre 1939 qui donne aux préfets le pouvoir de décider l’éloignement et, en cas de nécessité, l’assignation à résidence dans un centre de séjour surveillé, des «individus dangereux pour la défense nationale ou la sécurité publique», qu’ils aient été ou non jugés. Lire l’article très documenté et illustré sur le blog de Jacky Tronel (Histoire pénitentiaire et justice militaire) : Circulaire d'application du décret-loi du 18 novembre 1939 |
  • Note 2 : «Le camp d’internement administratif de Rouillé (Vienne) est ouvert le 6 septembre 1941, sous la dénomination de «centre de séjour surveillé», pour recevoir 150 internés politiques venant de la région parisienne, c’est-à-dire membres du Parti communiste dissous et maintenus au camp d’Aincourt depuis le 5 octobre 1940. D’autres venant de prisons diverses et du camp des Tourelles». In site de l’Amicale de Chateaubriant-Voves-Rouillé.
Sources
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en février 1992.
  • Camp de Rouillé : archives départementales de la Vienne.
  • © Mémorial et Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau.
Biographie installée et complétée en mars 2012 (rédigée en 2003), par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942», Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.  *Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

Aucun commentaire: