L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


MAILLARD René, André



45814

René Maillard est né le 15 mars 1896 à Notre-Dame-de-Bondeville (Seine-Inférieure / Seine-Maritime) où il habite 102 route de Dieppe au moment de son arrestation.
Il est le fils d'Eugénie Aufray, 35 ans, sans profession et d'Emile, Gustave Maillard, 36 ans, journalier, son époux. Ils habitent au 37 impasse de la Paix à Notre-Dame de Bondeville.
René Maillard devance l'appel et s'engage pour 4 ans, le 13 août 1914. Sa fiche de signalement militaire le décrit : 1m68, cheveux châtains, yeux gris, visage ovale. Il est affecté successivement au 24ème Régiment d'Infanterie, puis au 119ème RI le 10 mars 1915. Il fait les campagnes des Ardennes, de la Marne et de la Somme.
Au cours d'une permission il épouse Adrienne, Ernestine Tassery le 22 septembre 1917 (le couple aura deux enfants). Revenu au front René Maillard est fait prisonnier le 2 novembre 1917, au bois Derlhy, dans le secteur de Vaudesson (Aisne). Il sera rapatrié d'Allemagne le 13 décembre 1918. Il est alors affecté au 403ème RI, puis au 39ème RI le 27 mars 1919.
René Maillard revenu à la vie civile est manœuvre aux Ponts et Chaussées et adhérent de la CGT. 
Il est membre de la cellule communiste de sa commune.
Pendant l'Occupation, René Maillard est arrêté à son domicile par les gendarmes français dans la nuit du 21 au 22 octobre 1941. Son arrestation est ordonnée par les autorités allemandes en représailles au sabotage (le 19 octobre) de la voie ferrée entre Rouen et Le Havre (tunnel de Pavilly) Lire dans le blog Le "brûlot" de Rouen
Une centaine de militants communistes ou présumés tels de Seine-Inférieure sont ainsi raflés entre le 21 et 23 octobre. Ecroués pour la plupart à la caserne Hatry de Rouen, tous les hommes appréhendés sont remis aux autorités allemandes à leur demande, qui les transfèrent au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) entre le 25 et le 30 octobre 1941. La moitié d’entre eux d’entre eux seront déportés à Auschwitz. René Maillard est interné à Compiègne le 25 octobre 1941. Il y reçoit le numéro matricule 2024. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Il est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «Judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

René Maillard est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro «45814» selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz.
René Maillard meurt à Auschwitz le 17 août 1942 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz et destiné à l’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 3 page 760). La mention «Mort en déportation» est apposée sur son acte de décès, (arrêté du 1er juin 1994, parution au Journal Officiel n°163 du 16 juillet 1994).
René Maillard est déclaré «Mort pour la France» et homologué «Déporté politique». Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la commune, route de Dieppe.

Sources
  • Liste de militants de la CGT fusillés ou déportés pour leur action dans la Résistance établie par la CGT de Seine Maritime (page 7).
  • Liste «de noms de camarades du camp de Compiègne», collectés avant le départ du convoi et transmis à sa famille par Georges Prévoteau de Paris XVIIIème, mort à Auschwitz le 19 septembre 1942 (matricules 283 à 3800).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (dossier individuel consulté 1991).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • © Site Internet «Mémorial-GenWeb».
  • © Site Internet «Légifrance.gouv.fr»
  • © Photo de wagon à Auschwitz, in Bulletin de l’Amicale des déportés tatoués du convoi du 27 avril 1944. 
  • Courriel d'octobre 2012 de Jean-Paul Nicolas, syndicaliste, collaborateur du Maitron (livret militaire de René Maillard. Archives de Rouen).
Biographie rédigée en 2000 pour l’exposition de l’association «Mémoire Vive» CRDP de Rouen, et modifiée en octobre 2012 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942», Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.*Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com  Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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