L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


PELLETIER Lucien


45961
Lucien Pelletier est né le 19 septembre 1904 à Yvetot (Seine-Inférieure / Seine-Maritime). Il habite au 16 rue du général Sarrail à Barentin (76) au moment de son arrestation.
Il est marié. Ouvrier, il est adhérent du Parti communiste dans les années précédant la guerre et membre de la CGT. Selon Claude - Paul Couture, il n’appartient à aucun mouvement de Résistance.
Lucien Pelletier est arrêté le 21 octobre 1941 à son domicile, par des gendarmes français, sur commission rogatoire du Préfet comme « membre du Parti communiste ». Son arrestation est ordonnée par les autorités allemandes en représailles au sabotage (le 19 octobre) de la voie ferrée entre Rouen et Le Havre (tunnel de Pavilly) Lire dans le blog Le "brûlot" de Rouen. Une centaine de militants communistes ou présumés tels de Seine-Inférieure sont ainsi raflés les 21 et 22 octobre. Ecroué vraisemblablement à la prison Bonne Nouvelle de Rouen, Lucien Pelletier est remis aux autorités allemandes à leur demande, qui le transfèrent au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) entre le 19 et le 30 octobre 1941. Trente neuf des militants raflés seront déportés à Auschwitz.

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Lucien Pelletier est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Il est enregistré sous le nom de Bolletier (même date et lieu de naissance) à son arrivée à Auschwitz, le 8 juillet 1942 avec le numéro matricule 45961, selon la liste par matricule du convoi établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau.
Lucien Pelletier meurt à Birkenau le 10 août 1942 d’après le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 3 page 1439) et le Livre des déportés ayant reçu des médicaments à l'infirmerie de Birkenau, kommando d'Auschwitz. Registre des décédés».
Il a été homologué comme «Déporté Politique». La mention «Mort en déportation» a été apposée sur son acte de décès (J.O. du 27 août 1996). Son nom figure sur le monument aux Morts des deux guerres, et sur le Mémorial dans l'église de Barentin.

Sources
  • Claude-Paul Couture, instituteur, auteur de «En Seine Maritime de 1939 à 1945» CRDP Rouen, 1986, ancien correspondant départemental du Comité d'Histoire de la 2ème Guerre mondiale (lettre du 8 avril 1992).
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en octobre 1993.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
Biographie rédigée en octobre 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942», Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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