L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


TRUFFERT Léon, Clément



Matricule 46161 à Auschwitz

Léon Truffert est né le 21 mai 1901 à Vandreville (Manche), il est fils de forgeron. Il habite Tourlaville (Manche), au hameau Saint-Jean au moment de son arrestation. Léon Truffert s’est marié à Geneviève Lefêvre le 29 février 1923. Ils ont une fille.
Il est patron de chaloupe à l'Arsenal de Cherbourg. Léon Truffert est un militant actif du Parti communiste, connu des services de police (il vend l’Humanité).
Léon Truffert entre dans la lutte clandestine contre l’occupant dès octobre 1940 : il milite au sein du Front national à partir de mai 1941. L’attestation d’André Defrance, capitaine F.F.I.-F.T.P.F., représentant le Front national dans le département de la Manche, stipule «Son activité résistante consiste en groupement de patriotes, organisation de réunions clandestines de son Comité de Front national, dont certaines à son domicile du Village de l’Eglise, répartition et diffusion (notamment à l’intérieur de l’Arsenal de Cherbourg) de publications patriotiques (…)».


Après intervention des autorités allemandes, Léon Truffert est arrêté par la police française sur son lieu de travail (l'Arsenal de Cherbourg) pendant une alerte, le 19 septembre 1941, au cours d’opérations policières consécutives à des diffusions de tracts sur le territoire de Tourlaville.Il est détenu à la Prison nationale de Cherbourg, puis au camp de Gaillon du 20 septembre 1941 au 3 mai 1942. Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l'internent au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) en vue de sa déportation comme otage. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages



Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Léon Truffert est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.


 Registre des morts d’Auschwitz, liste du 17 août 1942
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 46161.
Léon Truffert meurt à Auschwitz le 16 août 1942 d’après les registres du camp. Dans les années d’après-guerre, le ministère des ACVG n’ayant pas eu accès aux archives d’Auschwitz emportées par les armées soviétiques avait fixé le décès au 15 septembre 1942, sur la base du témoignage d’Eugène Garnier, certifiant le 13 mai 1946 qu’il est décédé «en septembre 1942 après avoir contracté le typhus».
Il est homologué R.I.F. le 25 avril 1951, au grade de soldat de 2ème classe.
La demande d’attribution du titre de déporté résistant lui est refusée le 12 décembre 1949 (C.f. article du blog la carte de déporté résistant).
Le titre de «Déporté politique» lui est attribué le 15 décembre 1953.

Sources
  • Informations communiquées par M. Frédéric Durand, petit cousin de Léon Truffert (le 1er août 2010) suite à la publication de la biographie sur le blog.
  • Recherches de Mme R. Siouville (veuve de Lucien Siouville (46106), rencontrée par Roger Arnould au pèlerinage d'Auschwitz de 1971) effectuées auprès des Associations locales et des archives municipales et départementales, qui ont permis de dresser une première liste et éléments biographiques de 16 des 18 "45000" de la Manche.
  • Archives municipales de Tourlaville (acte de mariage).
  • "La Résistance dans la Manche" (Marcel Leclerc) Ed. La Dépêche. Page 41.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen.
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • "Livre des déportés ayant reçu des médicaments à l'infirmerie de Birkenau, kommando d'Auschwitz" (n° d'ordre, date, matricule, chambre, nom, nature du médicament) du 1.11.1942 au 150.7.1943.
Biographie rédigée en avril 2001 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005), pour le livre "De Caen à Auschwitz" (Collège Paul Verlaine d'Evrecy, Lycée Malherbe de Caen et Association Mémoire vive) juin 2001, Ed. Cahiers du temps.
Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com
Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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