L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


PERRIN André, Sincère, Henri, Louis



André Perrin est né le 20 juillet 1907 à Coussay-les-Bois (Vienne) où il habite au moment de son arrestation.
Il est marié, père de 2 enfants. André Perrin est ouvrier plâtrier. Il est le responsable du Parti communiste de la ville.

Pendant l'Occupation, il fait partie (avec Alphonse Rousseau et Auguste Picard) du groupe qui deviendra le "groupe Blanzat" des FTP de la Vienne.
André Perrin est arrêté le 23 juin 1941 à son domicile par des Feldgendarmen et la Gestapo, dans le cadre de la grande rafle commencée le 22 juin, jour de l’attaque hitlérienne contre l’Union soviétique, sous le nom «d’Aktion Theoderich». Lire dans le blog l’article « L'Aktion Theoderich dans la Vienne », sur l’arrestation des 33 militant-e-s communistes et syndicalistes de la Vienne. Liste et récits des internements à Poitiers et à Compiègne.
Il est interné au camp allemand de la Chauvinerie-Poitiers, puis le 11 juillet 1941, au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122). Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
André Perrin est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
On ignore son numéro d’immatriculation à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942.

Selon Louis Cerceau, il est mort de dysenterie « Naturellement, il avait pris des coups comme nous tous, mais il est le seul du groupe de la Vienne à ne pas être mort à la suite de coups, mais à cause de la maladie ». Cette dysenterie entraîna sa « sélection » pour la chambre à gaz. Maurice Rideau, qui était au block 19 à Auschwitz-I a rapporté ses derniers moments : « Il était au Revier (l’infirmerie), au block 18. Je l’ai vu la veille de son départ pour la chambre à gaz. Je ne me souviens plus de la date, mais c'est dans les tous premiers mois après notre arrivée. Il m’a dit, après m’avoir embrassé : ‘Si tu reviens, dis à ma femme et à mes enfants que ma dernière pensée sera pour eux’. Je n’ai pas eu l’occasion de revoir Madame Perrin à mon retour, mais je lui ai écrit ».
André Perrin est mort à Auschwitz le 29 octobre 1942 d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 3 page 919). Sa fiche d'état civil établie en France après la Libération porte toujours la mention "décédé le 15 février 1943, à Auschwitz (Pologne)". Il est regrettable que le ministère n'ait pas corrigé cette date, à l'occasion de l'inscription de la mention "mort en déportation" sur son acte de décès (Journal officiel du 8 mars 1997), cette correction étant rendue possible depuis la parution de l'ouvrage publié par les historiens polonais du Musée d'Auschwitz en 1995. Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz
Le nom d'André Perrin est inscrit sur le monument aux morts de Cousay-les-bois, place des Ecoles.
  • Note 1. Le numéro "45967 ?" figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) correspondait à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Cette reconstitution n’a pu aboutir en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Il était donc hasardeux de maintenir ce numéro en l’absence de nouvelles preuves. Il ne figure plus dans mon ouvrage « Triangles rouges à Auschwitz».

Sources
  • Recherches de Raymond Jamain, de l’ADIRP de la Vienne, arrêté le 23 juin 1941 à Nantes, déporté à Sachsenhausen, (1973).
  • Témoignage de Maurice Rideau, 46.056, (2 octobre 1971).
  • Recherches de Michel Bloch. Historien, professeur honoraire à l’université de Poitiers.
  • Lettre d’Emile Lecointe (23 février 1989) : souvenirs concernant 15 de ses camarades arrêtés avec lui le 23 juin 1941.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • © Site Internet Mémorial-GenWeb
  • © Site www.mortsdanslescamps.com
  • Allemands à Poitiers @ photo Gérard Simmat, bibliothèque François Mitterrand.
Biographie rédigée à l’occasion de l’exposition organisée en octobre 2001 par l’AFMD de la Vienne à Châtellerault, complétée en juin 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942», Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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