L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


NAGEOT Jean, Alfred.


Matricule 45917 à Auschwitz

Jean, Alfred Nageot est né le 8 mai 1899 à Ludes (Marne) sous le nom de sa mère, Noélie, Roegina, Petit, 27 ans, manouvrière. 
Le 7 décembre 1901 Joseph Eugène Nageot, 32 ans, « domestique de culture », reconnaît et légitime l’enfant en se mariant à la mairie de Ludes avec Noélie Petit, (cuisinière). Jean Nageot a trois soeurs.
Jean Nageot est jardinier. Il se marie le 24 juin 1922 à Bazencourt (Marne),  avec Lucienne Renée Cousin. Le couple a un fils (décédé en 1989). .
Il habite à Verdun (Meuse) au moment de son arrestation.  
On ignore la date précise de son arrestation, mais il est vraisemblable qu'elle se situe comme celle des autres meusiens entre le 22 juin et le 23 juin 1941. Dans ce cas elle a lieu dans le cadre de la grande rafle commencée le 22 juin, jour de l’attaque hitlérienne contre l’Union soviétique. Sous le nom «d’Aktion Theoderich», les Allemands, avec l’aide de la police française, arrêtent plus de mille communistes dans la zone occupée.
D’abord placés dans des lieux d’incarcération contrôlés par le régime de Vichy, les meusiens sont envoyés, à la demande des autorités allemandes, le 27 juin 1941, au camp de Royallieu à Compiègne (Oise), administré par la Wehrmacht et qui ce jour là devient un camp de détention des “ennemis actifs du Reich”.
Selon Henri Pasdeloup(1), le groupe des meusiens est immatriculé à Compiègne le 28 juin 1941 entre les numéros 542 et 564. Il mentionne la présence de Jean Nageot parmi eux. Selon Jean Éloi, son neveu, Jean Nageot réussit à faire passer à sa femme une lettre "passée en douce depuis Compiègne ou il attendait… il ne savait pas quoi". Lire dans le blog "La solidarité au camp allemand de Compiègne".


Cette lettre de trois pages, en date du 24 avril 1942, relate des événements marquants à Compiègne : le départ des otages qui vont être fusillés au Mont Valérien et la Marseillaise unanime des internés qui accompagne leur départ. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages.


Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Jean Nageot est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45917.
Jean Nageot meurt à Auschwitz le 22 août 1942 d’après le certificat d décès établi au camp d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 3 page 848). L'arrêté ministériel du 13 mars 1995 portant apposition de la mention « Mort en déportation » sur les actes de décès (J.O. du 6 avril 1995), reprend la date fictive portée, sans lieu de décès, sur son état civil à la Libération "décédé le 15 août 1942 (sans autre renseignement)".
Son nom est inscrit sur le monument à la mémoire des "Enfants de Verdun morts pour la France", sur la murette de droite sont gravés les noms des prisonniers, déportés, F.F.I. 
Selon son neveu, Jean Eloi (de Dorval, Province de Québec, Canada), c'est par une lettre d'un survivant que sa tante apprit la mort de son mari à Auschwitz.

  • Note 1 : Henri Pasdeloup, n° 59206 à Sachsenhausen, récit sur le départ des "45000", in "Sachso", page 36, par l'Amicale d'Oranienburg-Sachsenhausen. Il mentionne "Collas père", ainsi que Lavigne, Laurent, Dugny, Nageot, Bonhomme.
Sources
  • En 1991, sa veuve Lucienne Nageot, très âgée, n'a pu fournir de renseignements.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en avril 1992 (André Montagne).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • © Site www.mortsdanslescamps.com
  • © Site www.Mémorial-GenWeb , relevé 
  • © Site Ludes "nos morts pour la France".initial effectué par Bernard Butet
  • Lettre fournie par Jean Eloi, son neveu (Dorval, Québec, Canada).
Biographie rédigée en avril 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : « Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 », Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com. Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

Aucun commentaire: