L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


DAVID André, Robert



André David est né le 20 juillet 1890 à Rouen (Seine Inférieure, Seine Maritime) au 13, rue de Barcelone.
Il est le fils de Joséphine Marie Duperrey, 29 ans, repasseuse et de Bernard David, 26 ans, artiste dramatique. 
A vingt ans, il est employé de commerce. Conscrit de la classe 1910, il n'effectue pas son service militaire en raison de son arrestation suivie d'une condamnation le 28 septembre 1911 par les Assises de l’Oise à cinq ans de réclusion et à cinq ans d’interdiction de séjour pour vol qualifié (1). En vertu des articles 4 et 5 du décret du 28 décembre 1900 relatifs aux « exclus de l’armée », ceux-ci sont mis à disposition des ministres de la guerre et des colonies « qui déterminent les travaux auxquels ils seront affectés ». Immatriculé aux sections métropolitaines d’exclus le 7 octobre 1912, il est envoyé à la maison centrale de Beaulieu à Caen. En avril 1916, il est transféré depuis Beaulieu au dépôt des exclus de Montpellier et de là en Algérie au pénitencier d’Aïn El Hadjar (près d’Oran) où il arrive le 18 mai 1916. Il est démobilisé le 17 septembre 1919 (décret ministériel 739/1510) et passé au contrôle des absents.
Il se retire au Havre, 1 avenue François 1er.
En mai 1923, il habite au 4 rue Lamauve à Rouen.
Il épouse au Houlme le 11 avril 1925 Charlotte Aimée Delahaye, dont il divorcera. 
Il est père de deux enfants. André David est libraire au moment de son arrestation. 
En août 1939, il habite au 57 rue de la Ganterie à Rouen.
André David est rattaché à la dernière classe de la Réserve le 3 septembre 1939 (comme père de deux enfants : article 58 de la loi de recrutement militaire). Il est réhabilité de droit le 17 novembre 1939 par le tribunal de 1ère instance de Rouen. Il est rayé des contrôles le 28 novembre 1939
Pendant l’Occupation, il est arrêté par la police française le 21 octobre 1941 à son domicile, comme « membre du Parti communiste », dans le cadre d’une rafle qui concerne 150 (2) militants communistes ou présumés tels, de Seine Inférieure. 
Son arrestation fait suite au sabotage le 19 octobre 1941, de la voie ferrée entre Rouen et Le Havre (tunnel de Pavilly) et à un attentat contre la permanence de la LVF à Rouen. Lire dans le blog Le "brûlot" de Rouen.
Tous les hommes appréhendés sont remis aux autorités allemandes à la demande de celles-ci. André David et 38 autres militants du département sont transférés au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), entre le 23 et le 30 octobre 1941.
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
André David est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.

On ignore son numéro matricule attribué à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942. On sait seulement qu’il s’y déclare catholique.
Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschshwitz L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, "visite médicale"
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner au camp principal (Auschwitz I) soit approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
On ignore dans quel camp il est affecté à cette date
André David meurt à Auschwitz le 15 octobre 1942 d’après le registre d’état civil d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 214). Date reprise par l’arrêté ministériel du 15 décembre 1987 portant apposition de la mention «Mort en déportation» sur les actes de décès, paru au Journal Officiel du 2 mars 1988.
  • Note 1 : Il est réhabilité de droit le 17 novembre 1939 par le tribunal de 1ère instance de Rouen.
  • Note 2 : « 30 ans de luttes », brochure éditée en 1964 par la fédération du Parti Communiste de Seine-Maritime
Sources
  • Bureau des archives des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (dossier individuel consulté en mars 2011 par Arnaud Bouligny, historien, FMD, Caen).
  • © Archives en ligne de Seine-Maritime. Etat civil et Registre des matricules militaires.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
Biographie rédigée en avril 2011 et modifiée en août 2015 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : « Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 », Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. *Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com
Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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