L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


LOCATELLI JEAN CHARLES





Matricule "45799" à Auschwitz

Jean Locatelli est né le 9 août 1909 à Paris 11 ème. Il habite au 36 boulevard Richard Lenoir à Paris 11ème au moment de son arrestation. Il est divorcé et père de deux enfants. Il est membre du Parti communiste.
Le 10 septembre 1941, il travaille aux établissements SATAM (Société anonyme pour tous appareils mécaniques) à La Courneuve comme rectifieur (carte de pointage 35689).
Jean Locatelli est arrêté le 9 octobre 1941 à La Courneuve sur son lieu de travail par des inspecteurs des Brigades spéciales, car il est soupçonné, à la suite d’une dénonciation ( René P...), d’avoir distribué des tracts communistes.
Il est écroué à la Santé et jugé le 13 octobre 1941. Il est placé comme interné administratif au camp de « séjour surveillé » de Rouillé le 10 novembre 1941 (1).
Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent le 22 mai 1942 au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122).
Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages
Jean Locatelli est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45799.
Aucun document des archives SS préservées de la destruction ne permet de connaître la date de son décès à Auschwitz. Selon le témoignage d'un rescapé, Victor Louarn, il serait mort en décembre 1942, au Revier. Il figure en effet sur une liste de détenus soignés à l'infirmerie en 1942. Cependant, un autre rescapé a indiqué le mois de février 1943. L’état civil français a retenu la date fictive du 18 février 1943, mais on ignore la date réelle de son décès.

  • Note 1« Le camp d’internement administratif de Rouillé (Vienne) est ouvert le 6 septembre 1941, sous la dénomination de « centre de séjour surveillé », pour recevoir 150 internés politiques venant de la région parisienne, c’est-à-dire membres du Parti Communiste dissous et maintenus au camp d’Aincourt depuis le 5 octobre 1940. D’autres venant de prisons diverses et du camp des Tourelles. Il a été fermé en juin 1944 ». In site de l’Amicale de Chateaubriant-Voves-Rouillé.

Sources
  • Liste de détenus transférés du camp de Rouillé vers celui de Compiègne en mai 1942. Archives du Centre de documentation juive contemporaine : XLI-42).
  • Fichier national des déplacés de la Seconde guerre mondiale et dossier « statut » (archives des ACVG).
  • Bureau des archives des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (dossier individuel consulté).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • "Livre des déportés ayant reçu des médicaments à l'infirmerie de Birkenau, kommando d'Auschwitz" (n° d'ordre, date, matricule, chambre, nom, nature du médicament) du 1.11.1942 au 150.7.1943.
  • Documents confiés par sa soeur.
Biographie provisoire rédigée en février 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : « Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 », Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.comPensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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