L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BONNET EDOUARD, EUGENE, ERNEST



Edouard Bonnet est né le 23 septembre 1889 à Paris XVIIIème  au 11 rue Joseph Dijon.
Il habite au 44 rue Hébert à Chauny (Aisne) au moment de son arrestation. 
Il est le fils de Valentine, Célina Rivière, 23 ans, couturière et d'Eugène Bonnet, 26 ans, charpentier.
Edouard Bonnet est commerçant, marié, père de quatre enfants.
Il a épousé Marie, Aline Fleury le 4 janvier 1913 à Paris 18ème. Il s'est remarié avec Alice, Philomène, Albertine Angot le 27 septembre 1930 à Paris 14ème.
Selon son dossier au BAVCC, il est arrêté le 3 octobre 1941 à Chauny par deux gendarmes. Il est interné à Chateaubriant d’octobre 1941 au 7 mai 1942. Il y reçoit le matricule 1218. 
Le 7 mai 1942 il est transféré au camp de Voves où il reçoit le matricule 491. Le 2 juin, à la demande de la Feldkommandantur d’Orléans - après intervention de celle de Laon, il est transféré à la prison de Chartres avec deux cheminots, Paul Caille de Ternier et Marcel Gouillard de Quessy. Le 3 juin 1942, il est interné au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), en vue de sa déportation comme otage. 
Depuis le camp de Compiègne, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Le jour de son départ pour Auschwitz, Edouard Bonnet lance une lettre depuis le train (cette lettre est signalée sur sa fiche individuelle au DAVCC de Caen). Il est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942.
Son numéro d’immatriculation à Auschwitz n’est pas connu. Toutefois le numéro «45287» qui correspond au visage reproduit ci-dessus est possible. Ce numéro figurait d’ailleurs dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) et correspondait à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules.

Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
Dessin de Franz Reisz, 1946
Edouard Bonnet meurt à Auschwitz le 11 septembre 1942 d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz, Tome 2, page 117). Sa fiche d'état civil établie en France à la Libération porte toujours la mention « décédé le 12 juin 1942 (sans autres renseignements)» ! Il est regrettable que le ministère n'ait pas corrigé cette date, à l'occasion de l'inscription de la mention "mort en déportation" sur son acte de décès (Journal officiel du 8 juillet 2009), ceci étant rendu possible depuis la parution de l'ouvrage publié par les historiens polonais du Musée d'Auschwitz en 1995. Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.
Edouard Bonnet a été déclaré "Mort pour la France". Le titre de « déporté politique » lui a été attribué. Son nom est inscrit sur la plaque commémorative dans le hall de la mairie de Chauny.

Sources
  • Stéphane Fourmas, Le centre de séjour surveillé de Voves (Eure-et-Loir) janvier 1942 - mai 1944, mémoire de maîtrise, Paris-I (Panthéon-Sorbonne), 1998-1999.
  • Louis Oury, écrivain, chercheur ayant travaillé sur les archives de la Felkommandantur de Nantes et du camp de Chateaubriant. Correspondance d’avril 1991.
  • Fichier national de la Division des archives des victimes des conflits contemporains (DAVCC), ministère de la Défense, Caen (dossier individuel consulté en 1992).
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • © Site Site Internet Mémorial-GenWeb
  • © Site www.mortsdanslescamps.com
  • © Dessin de Franz Reisz, in « Témoignages sur Auschwitz », ouvrage édité par l’Amicale des déportés d’Auschwitz (1946).
Biographie rédigée en janvier 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
*Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com
Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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