L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


MATHERON Clément, Narcisse Emile









Clément Matheron est né le 12 novembre 1923 à Romainville (Seine). 
Il habite au 19 rue Henri Vuillemin à Goussainville (ancien département de la Seine, actuellement Val-d'Oise) au moment de son arrestation.

Il est célibataire, il a deux frères (Lucien et Jean et une sœur. Il travaille "
sur le terrain d'aviation de Creil (Oise)". Il est sportif, inscrit à un club de football FSGT.
Clément Matheron est adhérent aux Jeunesses communistes.
Pendant l’Occupation, Clément Matheron participe à des activités de Résistance (certificat FFI daté de 1949). Clément Matheron est arrêté à son travail par la police allemande à la suite du déraillement d'un train allemand, qui avait fait de nombreux morts. Son domicile est perquisitionné. Il est relâché le 28 août 1941.
Mais il est arrêté de nouveau le soir même par une dizaine de gendarmes français. Son père - membre du Parti communiste - et son frère Lucien - membre des Jeunesses communistes - sont également emmenés, menottes aux poignets, au Dépôt, puis à la prison du Cherche-Midi.
Son père y sera détenu jusqu'au 25 décembre 1942 (né en 1892, grand invalide de guerre, malade, Hilarion Matheron est libéré le 25 décembre 1942. Il est mort en 1958, suite à ses blessures de guerre).
La famille ignore tout de leurs lieux d'incarcération. Ce n'est que par des voisins qui l'ont entendu à la radio, qu'elle apprend que Lucien a été fusillé .
Avis de Von Stülpnagel 

Lucien Matheron, né le 8 octobre 1920, est fusillé le 16 septembre 1941 au Mont-Valérien. (l'Avis ci-contre signé de Von Stülpnagel annonce l'exécution de 10 otages, suite à des agressions commises contre des soldats allemands).
Clément Matheron demeure au secret durant 7 mois au Cherche-Midi, puis en est transféré en mars 1942 au camp de Voves.
Clément Matheron Musée de la Résistance
Au bout d'un mois, il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne, en vue de sa déportation comme otage. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages.
Clément Matheron est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Le numéro "45859 ?" figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) et signalé comme incertain correspond à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Cette reconstitution n’a pu aboutir en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Il serait donc hasardeux de maintenir ce numéro en l’absence de nouvelles preuves.
Selon les témoignages de rescapés (Victor Louarn, Fernand Devaux, Georges Dudal, Raymond Maquenhen), il a été l'un des premiers tués à Birkenau "à coups de pioche, pour l'exemple".
Clément Matheron meurt à Auschwitz le 19 septembre 1942 d’après le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 3 page 788). Le 29 octobre 1946, l’état civil français a marqué cette même date sur son acte de décès.
Il a été déclaré "Mort pour la France".
Le titre de « déporté résistant » lui a été attribué le 10 décembre 1954.
Il a reçu la médaille militaire à titre posthume le 11 juillet 1958 (croix de guerre avec palmes, médaille de la Résistance.
Un gymnase de Goussainville porte le nom de "Clément et Lucien Matheron".
Une rue de la ville est nommée rue Clément Matheron (une autre porte le nom de Lucien). Le gymnase Clément et Lucien Matheron a été inauguré le 18 septembre 2010

Sources

  • Questionnaire biographique (contribution à l’histoire de la déportation du convoi du 6 juillet 1942), envoyé aux mairies, associations et familles au début de mes recherches, en 1987, rempli par Jean Matheron, son frère (25-11-1990).
  • Témoignages de Victor Louarn, Fernand Devaux, Georges Dudal, Raymond Maquenhen.
  • Etat-civil de la Mairie de Goussainville, acte de décès (29 oct. 1946).
  • Communication de sa soeur (1990).
  • Documents (Certificat FFI).
  • Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Archives de Caen du ministère de la Défense) fiche consultée en 1993.
  • Stéphane Fourmas, Le centre de séjour surveillé de Voves (Eure-et-Loir) janvier 1942 - mai 1944, mémoire de maîtrise, Paris-I (Panthéon-Sorbonne), 1998-1999.
  • Photo Musée de la Résistance Nationale : Céline Heytens.
Biographie rédigée en janvier 2001 (complétée en août 2011) par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005) et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé), qui reproduit ma thèse de doctorat (1995). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com  Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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