L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


PIERSON Lucien


Lucien Pierson est né au domicile de ses parents le 21 décembre 1901 à Frouard (Meurthe-et-Moselle). Il habite au 36 rue de l'Hôtel de Ville à Frouard au moment de son arrestation. Il est le fils de Louise Lahaye, 42 ans, sans profession et de Jean-Baptiste Pierson, batteleur, 47 ans.
Registre matricule de Lucien Pierson
Son registre matricule militaire indique qu’il habite Frouard, où il travaille comme ouvrier d’usine. Il mesure 1m 70 (taille rectifiée à 1m 67), a les cheveux blonds, les yeux bleus, le front bas, le nez ordinaire et le visage ovale. Il a un niveau d’instruction « n°3 » pour l’armée (sait lire, écrire et compter, instruction primaire développée). Son père est décédé au moment du conseil de révision. Lucien Pierson est classé dans la cinquième partie de la liste en 1921 (ajourné pour « faiblesse ») et dans la première partie en 1922.
Le registre ne donne aucune autre information concernant un éventuel parcours militaire.
Lucien Pierson  est marié, père d’un enfant, Roger.
Métallurgiste, il est employé comme lamineur aux Forges et Aciéries de Pompey (usine de Frouard).
Adhérent du Parti communiste depuis sa création (1920), il est délégué syndical (CGT) au moins depuis 1936 et membre du Bureau syndical (information police municipale de Frouard).
Le 7 avril 1942, à 4 heures du matin, la Gestapo l'arrête à son domicile, à son retour du travail, à la même date que Fernand Bigaré et Charles Jacquet. Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne, en vue de sa déportation comme otage. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages». 
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Il est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Son numéro d’immatriculation lors de son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 est inconnu. Lire dans le blog le récit du premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, "visite médicale".
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
Aucun des documents sauvés de la destruction ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz, ne nous permet de savoir dans quel camp il est affecté à cette date. 
© Dessin de Franz Reisz, 1946
Lucien Pierson meurt le 18 septembre 1942 d’après les registres du camp. Sa mort à Auschwitz, aurait été annoncée à sa famille par la Gestapo (1942). Selon le témoignage de Fernand Bigaré, son corps "fut brûlé dans le camp ". Il faut entendre que son corps a été brûlé dans un des crématoires du camp de Birkenau à la suite d'une grande "sélection" des inaptes au travail dans le camp, qui l'avait conduit à être mourir dans une chambre à gaz.
Il est déclaré "Mort pour la France"  et "Mort en déportation" J.O. du 14 décembre 1997 

Plaque dans le hall de la mairie de Frouard

Une plaque commémorative dans le hall de la Mairie rappelle son souvenir et celui de 4 autres déportés. Son nom est également gravé sur le monument aux Morts du cimetière communal.

Sources

  • Témoignage de Fernand Bigaré, dit "coco", auprès de la famille en 1945.
  • M. C. Wild, Maire de Frouard, et le Brigadier de police A.Wojciak : enquête du 23 avril 1991.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • © Dessin de Franz Reisz, in « Témoignages sur Auschwitz », ouvrage édité par l’Amicale des déportés d’Auschwitz (1946). 
  • Registres matricules militaires de Meurthe et Moselle en ligne.
  • © Dessin de Franz Reisz, in « Témoignages sur Auschwitz », ouvrage édité par l’Amicale des déportés d’Auschwitz (1946). 
  • Photo plaque in Memorialgenweb © Bernard Legendre
Biographie rédigée en 1997, complétée en 2016,  pour la conférence organisée par la CGT et le PCF de la vallée de l’Orne, à Homécourt le 5 juillet 1997 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005. Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com  
Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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