L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


LABUXIERE André


Matricule "45708" à Auschwitz

André Labuxière est né le 19 mars 1922 à Clichy-la-Garenne (dans le département de la Seine, et aujourd’hui dans les Hauts-de-Seine).
Il est marié, sans enfant. Il habite, au moment de son arrestation, au 33 rue de la Couture d'Auxerre à Gennevilliers (Seine / Hauts-de-Seine). Il travaille comme typographe.
Il est secrétaire de la section des Jeunesses communistes de Gennevilliers en 1938-1939. 
Entré dans l'action clandestine après l’interdiction en septembre 1939 des organisations communistes, il sert d’agent de liaison entre les groupes des Jeunes communistes d’Asnières, Gennevilliers et Bois-Colombes.
Le 1er septembre 1940, il est arrêté à Versailles (dans le département de la Seine-et-Oise et aujourd’hui dans celui des Yvelines) où il participe à une distribution de tracts. Il est condamné à 6 mois de prison avec sursis. Il est de nouveau arrêté le 26 juin 1941 à son domicile par les Allemands. 
Extrait de la liste des RG du 26 juin 1941, montage à partir du début de la liste

La liste des Renseignements généraux répertoriant les communistes internés administrativement le 26 juin 1941, mentionne pour André Labuxière : « Meneur particulièrement actif ». 
Cette arrestation a lieu dans le cadre d’une grande rafle concernant les milieux syndicaux et communistes. En effet, le 22 juin 1941, jour de l’attaque hitlérienne contre l’Union soviétique, sous le nom «d’Aktion Theoderich», les Allemands arrêtent plus de mille communistes dans la zone occupée, avec l’aide de la police française. D’abord placés dans des lieux d’incarcération contrôlés par le régime de Vichy (ici l’Hôtel Matignon), ils sont envoyés en vue de leur déportation comme otages, à partir du 27 juin 1941, au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), le Frontstalag 122 administré par la Wehrmacht. A compiègne, il reçoit le matricule "258".
Depuis ce camp, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
André Labuxière est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
A Auschwitz, il reçoit le matricule 45708. Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a été pas retrouvée parmi les 522 photos que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz.  Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, "visite médicale"
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
A Auschwitz, il est affecté au Block 18 A, et au kommando de travail DAW. (menuiserie). Un de ses camarades témoigne de son affaiblissement rapide. « Nous avons fait l’impossible pour le sauver mais son état d'affaiblissement et d'amaigrissement était tel que, malgré tous nos efforts, nous n’avons pu l’arracher à la mort ».
Une liste du convoi, établie par les historiens du Musée d’Etat d’Auschwitz, mentionne sa mort au 17 octobre 1942. La date de décès officielle fixée par l’état civil français est celle du 8 février 1943
Le titre de "Déporté politique" lui a été attribué ainsi que la mention « Mort pour la France ». Une rue de Gennevilliers honore son souvenir. 
Sa veuve a reçu, le 23 mai 1945, l'insigne spécial rappelant son sacrifice.

Sources
  • Archives de Gennevilliers (Liste de déportés, noms de rues, biographies).
  • Fichier national de la Division des archives des victimes des conflits contemporains (DAVCC) Ministère de la Défense, Caen.
  • Liste - incomplète – par matricules des déportés du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen).
  • Archives de la Préfecture de police de Paris. Renseignements généraux, Liste des militants communistes internés le 26 juin 1941.
Biographie (mise à jour en 2016) réalisée pour l’exposition sur les « 45000 » à Gennevilliers en novembre 2005, par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005. Prière de mentionner les références (auteur et coordonnées du blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.  Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com  Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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